11 septembre, plus que jamais la vérité doit être dite

mardi 22 septembre 2026, par Karel Vereycken

Avant-propos

Pour rédiger cet article, nous nous sommes basé sur un article publié le 19 septembre dans Executive Intelligence Review (EIR), magazine fondé par le penseur et économiste américain Lyndon LaRouche (1922-2019).

Depuis des décennies, l’EIR s’est imposé comme une plateforme de référence, où de nombreux lanceurs d’alerte de différents pays et d’horizons divers mettent en garde contre le danger d’un monde unipolaire et la fuite en avant d’un capitalisme financier en faillite systémique vers un affrontement, potentiellement nucléaire, avec le reste du monde.

Sans risquer d’être complotiste, il faut constater qu’une cyberattaque violente et bien structurée contre le site internet de Solidarité & Progrès a été suivi peu après d’une vidéo d’une quinzaine de minutes posté sur BRUT, un média en ligne français essentiellement orienté vers les jeunes. L’émission est brute de décoffrage. Composée de commentaires réchauffés émanant de personnages tout aussi réchauffés, tels que l’incontournable Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch qui voit des complots partout, Lyndon LaRouche y est présenté comme le « pape du complotisme », donnant dans l’antisémitisme et autres amabilités du même tonneau.

Jacques Cheminade, faussement présenté comme candidat en 2002, y est mentionné comme l’héritier français de ce pape du complotisme. Comme il est habituel pour une manœuvre de presse mercenaire, on tente de salir la réputation de personnalités qui ont marqué l’histoire par leur intégrité et leur clairvoyance.

BRUT, il faut le savoir, a été acheté en 2025 par le CMA Media, un groupe de presse français créé en octobre 2022 comme filiale de l’armateur de porte-conteneurs français CMA CGM, un des géants du transport mondial aux mains du milliardaire franco-libanais d’origine syrienne Rodolphe Saadé, un proche d’Emmanuel Macron.

Les filiales de CMA Media comptent notamment La Provence, Corse-Matin, La Tribune, La Tribune Dimanche, Groupe M6 (10,25 %), RMC et BFM (anciennement Altice Média), des supports efficaces pour aiguiller les électeurs vers les bonnes urnes.

Karel Vereycken.

Un précédent historique, l’incendie du Reichstag ?

La 171e réunion hebdomadaire de la Coalition internationale pour la paix (CIP), qui commémorait le 25e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis, s’est transformée en réunion de réflexion stratégique sur les formidables opportunités qui s’offrent à nous pour susciter un sursaut.

Helga Zepp-LaRouche, fondatrice de l’Institut Schiller et initiatrice de la CIP, a qualifié les attentats du 11 septembre de « l’une des plus grandes opérations sous faux drapeau » de l’histoire.

Si l’on peut continuer à spéculer sur les commanditaires et les auteurs de ces attentats, ce qui est certain, c’est qu’à l’instar de « l’incendie du Reichstag », ils ont permis de justifier plusieurs entrées en guerre et l’instauration d’un « Etat de surveillance » permanent à l’échelle mondiale, pour les faire accepter.

Pour rafraîchir les mémoires, c’est dans la nuit du 27 février 1933 qu’un incendie criminel ravage le Reichstag, siège du Parlement allemand à Berlin. Survenant en pleine campagne électorale, il est immédiatement exploité à des fins politiques par les nazis qui l’attribuent à un « complot communiste ». Conséquence de cet incident sur l’opinion publique, le parti nazi emporte les élections législatives du 5 mars 1933. Suivent alors la proclamation de l’état d’urgence et une loi d’exception, la Reichstagsbrandverordnung, qui suspend sine die les libertés civiles et politiques et déclenche une campagne de répression contre les communistes et autres opposants de la gauche allemande.

Lors de l’émission de la CIP, Mme Zepp-LaRouche rappela qu’au moment même où se déroulaient les attentats contre le World Trade Center de New York, feu son époux Lyndon LaRouche était interrogé sur cette question en direct dans l’émission radiophonique de Jack Stockwell, à Salt Lake City, dans l’Utah.

Prudent, LaRouche n’avait désigné personne, mais, réfutant le narratif du moment qui parlait d’une attaque surprise, organisée par les adeptes d’un illuminé opérant seul du fond d’une grotte en Asie centrale, il avait affirmé que, vu la complexité des plans de vols des pirates de l’air, une telle opération n’aurait pas avoir lieu sans la complicité plus ou moins occulte d’éléments à l’intérieur de l’establishment politico-militaire américain.

Tous les experts savent que depuis le 12 mai 1958, et encore plus depuis le lancement de l’Initiative de défense stratégique (IDS) par le président Reagan en 1983, l’espace aérien nord-américain est sous la surveillance intense et permanente du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (North American Aerospace Defense Command, ou NORAD).

La surveillance aérospatiale, ou « tactique intégrée de surveillance et évaluation de l’attaque » (ITW/AA), couvre le contrôle des objets volants humains ainsi que la détection, la validation et l’alerte à la suite d’attaques contre l’Amérique du Nord par des avions, missiles ou véhicules spatiaux. Ce contrôle spatial, qui inclut la surveillance de l’espace aérospatial canadien et américain, est un élément déterminant de la défense antimissile. Que plusieurs avions aux mains de pirates de l’air aient pu contourner la surveillance du NORAD semble du domaine de la science-fiction.

Cependant, le fait que ces attentats se soient produits n’a pas surpris LaRouche pour d’autres raisons. A ce propos, la CIP a rediffusé une séquence vidéo enregistrée le 3 janvier 2001, c’est-à-dire neuf mois avant les attentats tragiques, où Lyndon LaRouche évoquait la panique qui s’emparait de l’administration du président George W. Bush. Il craignait que face à une crise économique hors de contrôle, ce dernier ne cède à la tentation d’organiser un incident du type « incendie du Reichstag » pour se maintenir au pouvoir par une politique de « gestion de crise » permanente.

Helga Zepp-LaRouche rappela qu’en 2001, LaRouche avait averti qu’une attaque contre le Pentagone déclencherait automatiquement l’état d’alerte maximale de l’arsenal thermonucléaire américain et que nous étions donc au bord de la guerre nucléaire.

C’est ainsi qu’au lendemain des attentats du 11 septembre, on vit Victoria Nuland, en poste à l’OTAN à Bruxelles, demander l’application de l’article 5 de la charte de l’Atlantique, exigeant la solidarité des pays membres dans une riposte militaire contre l’agresseur de l’un des leurs. (Source : Atlantic Council)

Il était donc de la plus haute importance que le président russe Vladimir Poutine ait été le premier dirigeant mondial à appeler le président Bush pour lui offrir son soutien, et lui ait même proposé de mettre l’arsenal nucléaire russe en veilleuse afin de réduire la menace pesant sur les États-Unis.

Cependant, cette offre d’amitié en ce moment critique n’a pas été estimée à sa juste valeur. Pour Mme Zepp-LaRouche, si les États-Unis veulent retrouver leur statut de véritable république (ce qui serait opportun pour leur 250e anniversaire), ils doivent revoir d’urgence ces erreurs en ouvrant une enquête approfondie sur les attentats du 11 septembre, ainsi que sur la chaîne d’événements qui ont suivi, notamment la fameuse « guerre contre le terrorisme » et la restriction des droits constitutionnels par le Patriot Act.

Dans la même vidéo de janvier 2001, à une question du Caucus des congressistes noirs sur la manière d’empêcher John Ashcroft de devenir procureur général des États-Unis, LaRouche expliqua qu’Ashcroft était raciste, mais que la menace qu’il représentait dépassait la « stratégie du Sud » du président Richard Nixon, qui comptait séduire l’électorat blanc du Sud des Etats-Unis, traditionnellement démocrate, en exploitant les ressentiments et les tensions raciales liés au mouvement des droits civiques des Afro-Américains.

Selon LaRouche, Ashcroft ambitionnait de remplacer la Constitution américaine par une structure de gestion de crise, qui impliquerait un gouvernement secret doté d’une police secrète et des guerres sans fin. Aussi ne fallait-il pas être aussi naïfs que certains Allemands qui, bien que parfaitement conscients de la menace hitlérienne, pensaient pouvoir la neutraliser lors d’élections ultérieures, élections qui furent supprimées par le dictateur…

Helga Zepp-LaRouche évoqua dans ce contexte la déclaration de Peter Thiel, le fondateur de Palantir Technologies, géant de la Silicon Valley, se félicitant que les attentats du 11 septembre aient constitué un tournant décisif pour instaurer un État policier.

Ray McGovern sur Dick Cheney et Norman Mineta

Ray McGovern, lanceur d’alerte.

Le fondateur de l’association Veteran Intelligence Professionnals for Sanity (VIPS), Ray McGovern, un ancien analyste de haut niveau de la CIA, devenu lanceur d’alerte depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Irak sur la base d’informations truquées, livra ensuite son analyse des événements du 11 septembre.

Il fit part des échanges qu’il avait eus en 2006 avec Norman Mineta, l’ancien ministre des Transports, suite à l’interrogatoire de ce dernier devant la Commission d’enquête sur le 11 septembre, une commission qu’il qualifia de « politiquement orientée ».

Mineta lui aurait déclaré que le vice-président Dick Cheney se trouvait déjà au PEOC (Centre des opérations d’urgence du président) lorsqu’il y arriva lui-même aux alentours de 9h25, ce qui contredit l’heure d’arrivée officielle de Cheney à 9h58, après l’attaque sur le Pentagone.

Mineta mentionna qu’un jeune homme était entré à plusieurs reprises dans la pièce pour informer Dick Cheney de l’arrivée imminente d’un avion (identifié plus tard comme le vol 77 d’American Airlines) s’approchant de Washington, à 80 kilomètres, puis à 48 kilomètres, puis à 16 kilomètres, et que l’on présumait piloté par des pirates de l’air.

Mineta avait précisé que le jeune homme avait fini par demander à Cheney si « les ordres étaient toujours valables », ce à quoi Cheney avait répondu en se retournant brusquement et en aboyant : « Bien sûr qu’ils le sont toujours, avez-vous entendu le contraire ? »

Des années plus tard, lors d’un événement à Seattle, Mineta a regretté que son témoignage concernant ce détail ait été omis du rapport de la Commission sur le 11 septembre… Car si Cheney était réellement arrivé à 9h58, il n’aurait pu que constater l’attaque de l’avion contre le Pentagone, alors que s’il était déjà là à 9h25, il aurait pu éventuellement l’arrêter en décidant que « les ordres n’étaient plus valables ».

Norman Mineta.

En 2006, lors de la Journée de la Constitution à l’Université de Georgetown, McGovern a pu s’entretenir directement avec Mineta. « Qui était ce jeune homme ? Portait-il un uniforme ? » lui demanda-t-il. Selon ses dires, Mineta ne se souvenait ni de l’identité du jeune homme, ni de la façon dont il était habillé. Interrogé sur ce qu’impliquait la réponse de Cheney à la question du jeune homme (« Les ordres sont-ils toujours valables ? » ), le ministre commença à se comporter de manière très étrange.

Se référant au témoignage de l’ancien ministre devant la Commission du 11 septembre, McGovern poursuivit : « Quelques minutes plus tard [après la remarque de Cheney], le Pentagone était frappé ! J’ai demandé à Mineta s’il était d’accord pour dire que ce décalage dans le temps suggérait que Cheney avait donné un ordre de retrait quelconque. Qu’arriva-t-il ? Il baissa les yeux un instant. C’était comme si un avertissement était gravé à l’intérieur de ses paupières : ne parlez que de l’avion en Pennsylvanie ! »

« C’était bizarre, poursuivit McGovern. C’était comme si un robot en avait pris le contrôle. Pendant les huit minutes qui suivirent, Mineta refusa de sortir de ce cadre. Comme je l’ai dit, la Commission du 11 Septembre a tout simplement ignoré le témoignage officiel de Mineta, ce qui n’est guère surprenant puisqu’elle a totalement ignoré d’autres faits gênants, comme l’effondrement du bâtiment 7 du World Trade Center sans qu’aucun avion ne soit impliqué. Mais l’audition très révélatrice de Mineta par Lee Hamilton [vice-président de la Commission du 11 septembre] est dans le domaine public. »

(Source : UNT Digital Library)

Dans le compte-rendu officiel de l’audition de Mineta figure bien (pp. 8-9) l’échange entre le jeune homme et Cheney. Mais ce n’est pas tout. Lee Hamilton tenta de savoir à quel moment Mineta avait découvert qu’un avion se dirigeait sur le Pentagone et quelles furent les instructions.

Voici un passage clé (p. 9) :

HAMILTON : Voyons si j’ai bien compris. L’avion qui se dirigeait vers le Pentagone et se trouvait à quelques kilomètres de là, y avait-il un ordre de l’abattre ?
MINETA : Je ne le sais pas précisément, mais je sais que les avions ont décollé en urgence de Langley ou de la région de Norfolk. Mais je n’étais pas au courant des ordres précis, outre le fait d’avoir écouté cette autre conversation [entre Cheney et le jeune homme].
HAMILTON : Mais y avait-il très clairement un ordre d’abattre des avions commerciaux ?
MINETA : Je l’ai découvert par la suite.

McGovern a qualifié la Commission du 11 Septembre de sinistre farce et a souligné que la partie du Pentagone touchée par l’attaque abritait d’importantes pièces comptables, toutes détruites.

Il est vrai que le 10 septembre, la veille des attentats, le secrétaire d’État à la défense, Donald Rumsfeld, avait évoqué ce que tout le monde avait pu lire dans l’audit de l’Inspecteur général de la défense de février 2000 : « D’après certaines estimations, pour quelque 2300 milliards de dollars [de commandes militaires], on ne peut pas en identifier la nature précise », avait déclaré Rumsfeld.

McGovern rappela également les déclarations de Wesley Clark, un général quatre étoiles de l’armée américaine. Celui-ci avait révélé que les États-Unis cherchaient un prétexte pour attaquer sept pays d’Asie du Sud-Ouest, à commencer par l’Irak pour finir avec l’Iran, tous qualifiés de menaces existentielles pour Israël.

Il exprima alors son inquiétude face aux éventuelles tentatives de Donald Trump pour entraver les élections de mi-mandat à venir, affirmant que le président pourrait faire appel aux agents du service de l’Immigration et des Douanes (ICE) ou inciter les gouverneurs alliés à déployer la Garde nationale pour « sécuriser » les bureaux de vote, falsifiant ainsi, par intimidation des électeurs, le scrutin.

« Nous devons agir comme nos ancêtres il y a 250 ans, nous ressaisir, rechercher la vérité, et en attendant, ne nous laissons pas abattre ! », conclut-il.

Faisant allusion au concert de commémoration des victimes des attentats du 11 septembre, organisé à l’initiative de l’Institut Schiller et de Diane Sare, candidate larouchiste indépendante à la présidence américaine, il s’exclama alors : « Écoutons la Neuvième Symphonie de Beethoven », où le poème de Friedrich Schiller invite tous les hommes à « devenir des frères » !

Jack Gilroy, membre du directoire de Pax Christi New York, fit part du soutien croissant apporté à leur appel au pape Léon XIV à intervenir pour la paix, comme le fit le pape Jean XXIII lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.

Enfin, Terry Strada, présidente nationale de l’organisation 9/11 Families & Victims United for Justice Against Terrorism, qui était intervenue ce matin-là lors de la commémoration du 11 septembre au Mémorial national du 11 septembre à Lower Manhattan, a envoyé un message de soutien à la réunion de la CIP.