Une nouvelle semaine de manifestations s’ouvre en France, mais également dans plusieurs parties du monde transatlantique, notamment en Argentine et en Italie. Au-delà des revendications particulières des lycéens français, on voit émerger un véritable « ferment de grève de masse », selon l’expression de Rosa Luxembourg, où les individus se sentent pousser des ailes pour défendre leur dignité et la justice pour tous.
Ces différentes actions sont toutes des expressions concrètes du rejet des conditions de crise économique, ainsi que de la logique de destruction engendrée par la poursuite du paradigme de la géopolitique et d’une politique de « paix par la force ».
En Argentine, le 7 octobre, une centaine d’étudiants de quatre universités ont organisé un sit-in à Buenos Aires, dans le palais historique hébergeant le bureau du ministre de l’Éducation, pour protester de façon non-violente contre le refus de tout financement en faveur du système universitaire par le gouvernement de Javier Milei, depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2025. Parmi les messages des étudiants, on pouvait notamment entendre qu’il est temps de « créer un Paris à Buenos Aires », faisant écho à la mobilisation en France pour restaurer un système éducatif de qualité.
En Argentine, les universités publiques sont gratuites et constituent la colonne vertébrale du système d’enseignement supérieur du pays, favorisant la science et la culture. Face à cette mobilisation, le gouvernement a choisi d’employer la force, arrêtant et expulsant les manifestants, ce à quoi les étudiants ont répondu en annonçant une marche sur le Congrès pour le 15 octobre. C’est la quatrième fois qu’une telle marche est organisée, sauf que cette fois-ci, elle bénéficiera d’une attention et d’un soutien internationaux. Des scientifiques, des syndicalistes et d’autres se joindront aux étudiants, enseignants et personnels de l’éducation.
, plusieurs centaines d’agriculteurs, routiers, commerçants, pêcheurs et autres artisans se sont rassemblés sur la place centrale de la ville historique de Cosenza en Calabre, protestant contre les conditions rendues impossibles par la flambée des prix du diesel et des importations alimentaires, ainsi que contre l’absence de réponse adéquate du gouvernement, qui s’est contenté de proposer aux agriculteurs et à l’ensemble des artisans une maigre enveloppe d’aide de 15 millions d’euros, à l’image des piteuses mesures avancées par le gouvernement Lecornu en France.
Cet événement s’inscrit dans la continuité d’une mobilisation de près de deux semaines dans cette province d’Italie. Les organisateurs ont annoncé leur intention d’organiser une marche sur Rome dans un avenir proche.
Le dénominateur commun aux mobilisations dans ces trois pays (et l’on pourrait citer d’autres exemples) est la faillite du système économique dominant, où l’économie réelle est laissée à la dérive tandis la spéculation financière, l’industrie de l’armement et la guerre fonctionnent comme des pompes à finance, ainsi que le démontrent la guerre américano-israélienne contre l’Iran et le soutien occidental au conflit avec la Russie par Ukraine interposée. Aux États-Unis, bien que l’on n’ait vu éclater aucune manifestation pour le moment, la Maison-Blanche subit de fortes pressions à cause des coûts intenables du diesel, notamment, de la part des routiers, des agriculteurs et autres acteurs impliqués dans la production et les services essentiels.
Confronté à cela, Donald Trump s’est mis en tête de « faire quelque chose face aux guerres », et s’est entretenu vendredi pendant une heure et demie par téléphone avec Vladimir Poutine, après quoi il a annoncé avoir convenu d’un accord dans lequel la Russie s’engageait à fournir du diesel aux États-Unis et aux marchés mondiaux.
Bien que les quantités restent tout à fait symboliques, les réactions hystériques des va-t-en-guerre démocrates et républicains reflètent leur crainte de voir les deux grandes puissances enterrer la hache de guerre. La France, qui a cessé d’acheter du diesel à la Russie pour en acheter aux États-Unis, va sans doute s’en procurer mais aux prix américains...
Dans ce contexte, Trump a affirmé samedi que « militairement, l’Ukraine est défaite », contrairement à ce que nous assène la propagande des médias. Il a même suggéré que les Ukrainiens « aient un nouveau président qui saura signer un accord ».
Le président américain a décidé de laisser tomber Zelensky après que celui-ci a bombardé les infrastructures de l’industrie pétrolière russe. Des rapports font justement état d’attaques de drones ukrainiens à l’intérieur de la Russie, ayant touché au cours de la nuit précédente le terminal de chargement de carburant de la raffinerie de Novochtitinsk à Rostov-sur-le-Don.
Parallèlement, à Miami, les entretiens sur l’Ukraine se sont conclus samedi après un seul jour de discussions, au lieu des deux initialement prévus, mettant ainsi fin aux pourparlers entre les délégations des États-Unis, de l’Ukraine, des trois Européens (Royaume-Uni, France, Allemagne), de l’UE et de l’OTAN. Aucune annonce conjointe n’a été faite, à l’exception de l’envoyé américain Steve Witkoff qui a qualifié les discussions de « constructives ».
Difficile de trouver une cohérence et une direction dans tout cela, hormis la possibilité d’aboutir à un accord entre les États-Unis et la Russie. D’où la nécessité d’apporter, dans cette situation, une vision politique qui promeuve la paix et le développement économique, seule voie pour sortir de la guerre et du chaos et assurer la sécurité de tous les peuples et nations de la planète. C’est la réponse qu’il faut apporter aux revendications des actions de masse, ainsi qu’à tous ceux qui se rassemblent et militent en faveur de la paix.
Dans cette perspective, Solidarité & Progrès intervient dans les mobilisations en France en faisant circuler un tract intitulé « Notre avenir est votre avenir », soulevant la nécessité de « revendiquer entièrement un avenir pour le pays ».
Bien qu’on n’en sache pas plus, il est fort probable que Poutine et Trump aient abordé certaines questions économiques lors de leur entretien téléphonique. Le président russe a informé son homologue américain de l’évolution des conflits en Ukraine et en Iran, ainsi que de sa rencontre personnelle avec le président iranien Massoud Pezeshkian au Turkménistan la semaine dernière, lors de la réunion de la Communauté des États indépendants, où l’Iran était une nation invitée. Le dirigeant iranien s’est adressé à la CEI, soulignant le rôle-clé de l’Iran pour permettre le développement des corridors économiques à la fois Nord-Sud et Est-Ouest, reliant les continents d’Eurasie et d’Afrique.