Conférence de Paris du 8 et 9 novembre 2025

Frank Shi : Problèmes et solutions pour l’économie ougandaise

vendredi 2 janvier 2026, par Tribune Libre


Intervention de Frank Shi, ingénieur aérospatial, responsable du mouvement de jeunes de LaRouche, lors de la conférence organisée par S&P et l’Institut Schiller à Paris, les 8 et 9 novembre 2025.

Chers invités, je m’appelle Frank Shi, je suis ingénieur aérospatial canadien. Je travaille avec l’Institut Schiller et Timothy Ninsiima afin de déterminer la densité de population relative potentielle de l’Ouganda, notamment dans le secteur agricole. L’objectif de ce travail est de créer un modèle qui pourra servir à calculer ce facteur pour d’autres pays.

L’Ouganda possède de nombreux atouts pour l’agriculture. Il bénéficie de températures chaudes toute l’année, de fortes précipitations et d’une abondance de lacs et de rivières. De plus, certaines régions du pays possèdent des sols fertiles.

Cependant, comme de nombreux parents le savent, on ne peut véritablement évaluer le développement de son enfant qu’en le comparant à un autre. C’est pourquoi nous comparons l’Ouganda à l’État brésilien du Paraná. L’Ouganda partage de nombreuses similitudes géographiques avec cette région, notamment le climat, la composition des sols et la superficie. De plus, le Paraná est l’un des États les plus riches et les plus productifs sur le plan agricole au Brésil. Bien qu’il soit loin d’être parfait, il constitue un point de repère utile pour comprendre le potentiel agricole de l’Ouganda.

Bien que l’Ouganda et le Paraná soient géographiquement similaires, leurs méthodes de production agricole diffèrent considérablement, notamment en ce qui concerne l’utilisation des engrais. Leurs conditions climatiques et leurs sols étant comparables, leurs produits agricoles le sont également. Cependant, le Paraná produit beaucoup plus de nourriture que l’Ouganda. Alors que celui-ci peine à nourrir sa population, le Paraná pourrait nourrir 17 fois la sienne, ou 3,5 fois celle de l’Ouganda.

Quelle en est la raison ? Comme l’a démontré Timothy, la majorité des Ougandais travaillent dans l’économie informelle. L’agriculture y est principalement de subsistance : les familles cultivent de petites parcelles sans machines agricoles, semences améliorées, irrigation, engrais ni accès aux marchés, et produisent donc tout juste de quoi se nourrir.

Comment résoudre ce problème ? L’Ouganda est un pays enclavé qui ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour importer des biens d’équipement. Plusieurs solutions ont été proposées pour pallier ces difficultés.

L’un de ces projets est le canal Transaqua, qui vise entre autres à relier le lac Édouard au lac Tchad par un réseau de canaux. Il permettrait également de relier l’Ouganda aux pays d’Afrique centrale par voie fluviale.

Une autre proposition consiste à rendre le Nil navigable sur toute sa longueur. Cela relierait l’Ouganda à la mer Méditerranée par voie fluviale et lui donnerait accès aux marchés mondiaux.

La troisième proposition est l’oléoduc est-africain, que mon ami Timothy défend. Les exportations de pétrole permettraient à l’Ouganda d’accéder aux ressources financières nécessaires à l’importation de biens d’équipement.

Cependant, comme nous l’avons déjà montré, la plupart des gens travaillent actuellement uniquement pour subvenir à leurs besoins et n’ont pas un niveau d’éducation élevé. D’où viendra donc la main-d’œuvre nécessaire à la réalisation de ces projets ?

Ce problème n’est pas propre à l’Ouganda ; on l’observe dans presque tous les pays du monde.

Le Corps civil de conservation (CCC) de l’époque de Franklin Roosevelt peut servir d’exemple : aux États-Unis, des personnes sans emploi ont été mobilisées pour construire des infrastructures à travers le pays.

De même, aujourd’hui, une initiative internationale pourrait mobiliser et former des personnes en Ouganda et dans d’autres pays pour construire de nouvelles infrastructures. Ce genre de processus est nécessaire dans le monde entier.

Merci