Le passage à la nouvelle année s’est fait dans un tumulte vertigineux. Les provocations contre la Russie ont gagné en intensité, avec l’attaque contre l’une des résidences de Vladimir Poutine. De son côté, mise en difficulté sur le plan de sa politique de paix en Ukraine autant que sur le plan domestique, l’administration Trump s’est lancée dans une aventure militaire en Amérique du Sud.
Vérités et contre-vérités
Le 2 janvier, le Kremlin a transmis aux États-Unis les preuves tangibles démontrant qu’il avait abattu un drone ukrainien, programmé pour frapper, à l’aube du 29 décembre 2025, la résidence présidentielle située dans la région de Novgorod, qui abrite le poste de commande permettant de déclencher le feu nucléaire. En fournissant ces preuves, la Russie espérait non seulement rétablir la vérité, mais également provoquer un électrochoc chez Donald Trump, afin de lui faire prendre conscience des folies émanant de son administration.
Immédiatement, la propagande répandue dans les médias occidentaux, accusant Moscou d’avoir monté lui-même l’opération pour en faire porter le chapeau à l’Ukraine, s’est évanouie, sans pour autant remettre en cause la folie qui venait de se déchaîner. Aucune demande n’a été faite aux agences de renseignement américaines afin qu’elles examinent les preuves fournies par les Russes, aucune rétractation et encore moins d’excuses n’ont été présentées sur les affirmations infondées propagées auparavant.
Rappelons que les 28 et 29 décembre 2025, Donald Trump avait obtenu du président ukrainien par intérim, Volodymyr Zelensky, son accord pour qu’il cède enfin les régions du Donbass, qui avaient voté massivement en 2022 leur rattachement à la Fédération de Russie. Or, Zelensky n’avait aucune base sur laquelle s’appuyer pour rejeter l’accord de paix. Dès lors, comment ne pas faire le lien entre ces entrevues entre les deux présidents et l’attaque impliquant 91 missiles tirés par drones sur la résidence de Poutine, dans la nuit du 28 au 29 ?
Le 29, Trump a appelé son homologue russe pour lui exprimer sa colère face à cette attaque. Un peu plus tard, cependant, sous la pression de médias suggérant que l’attaque aurait pu être ‘inventée’ par la Russie (confortés par les affirmations de Zelensky allant explicitement dans ce sens), le président américain a estimé plausible cette version erronée, bien que conservant sa confiance dans ce que lui avait dit Poutine. La surenchère s’est alors intensifiée dans les médias occidentaux.
La carte du « changement de régime » sort du chapeau
Au milieu de tout cela, Trump s’est retrouvé sous la pression de factions enkystées au sein de la communauté du renseignement américaine, un peu comme avec la fraude du « Russiagate » orchestrée de décembre 2016 à janvier 2017. Rappelons qu’à l’époque, Trump avait capitulé en renvoyant son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, se retranchant dans une position défensive dont il restera prisonnier jusqu’à la fin de son mandat. A-t-il retenu la leçon ? Rien n’est moins sûr.
Selon le Wall Street Journal du 31 décembre, la CIA aurait informé Trump que l’attaque de drones visant la résidence de Poutine n’avait pas réellement eu lieu. Mais lorsque le WSJ a demandé à l’agence de renseignement de confirmer l’information, elle a refusé de le faire.
Jusqu’à ce que, le 1er janvier 2026, un attaché militaire américain à Moscou se voit remettre des autorités russes les preuves matérielles de l’attaque. Prise en plein mensonge, cette faction va-t-en-guerre du renseignement américain allait-elle rendre les armes ? On peut en douter.
D’autant plus qu’immédiatement s’est mise en place l’opération visant à enlever le président vénézuélien Nicolás Maduro, et c’est ainsi qu’en à peine 48 heures, le gouvernement américain a complètement éclipsé la question ukrainienne pour enclencher un changement de régime au pays de Chavez.
Le 3 janvier, le ministre américain de la Guerre, Pete Hegseth, a fait le parallèle avec le changement de régime catastrophique opéré en Irak en 2003, tout en affirmant que cette fois-ci, Trump avait « inversé le scénario » en prévoyant un modèle économique capable de générer des profits. Autrement dit, voilà l’administration Trump engagée dans la même fuite en avant que celle où les va-t-en-guerre néoconservateurs avaient, à l’époque, entraîné l’administration Bush jr.
Dans le contexte du gonflement incontrôlé de la bulle gargantuesque des « cryptos » et de l’imminence de nouveaux krachs financiers, la ruée est lancée, suivant le plan réchauffé du parti de la guerre et de la mafia PayPal (Thiel, Musk, etc.) : le Venezuela et la Colombie, puis l’Iran, la Russie et la Chine… tel le scénario d’un mauvais film hollywoodien.
Éviter la défaite retentissante de demain
Ce lundi 5 janvier 2026, le Conseil de sécurité de l’ONU tient une session d’urgence sur le Venezuela. Il est peu probable que la capture et la séquestration de Nicolás Maduro y soit dénoncées du point de vue du droit international. Cependant, le monde est sous le choc, horrifié par cet enlèvement d’un chef d’État, auquel s’ajoute le massacre d’une centaine de membres, notamment cubains, de la garde rapprochée du président Maduro, froidement abattus lors de l’opération.
Pour sa part, Trump a dressé la liste des pays dans sa ligne de mire : Cuba (qui s’effondrera, privé du soutien du Venezuela), le Mexique et la Colombie, tous accusés d’être sous la coupe des cartels de narcotrafiquants, sans oublier le Groenland, un pays membre de l’OTAN riche en terres rares et matières premières stratégiques que Trump, évoquant une sorte de doctrine du Lebensraum [espace vital], veut annexer aux États-Unis.
S’adressant au président américain, en espérant le ramener à la raison, l’ancien président mexicain Andrés Manuel López Obrador (AMLO) a déclaré :
Quant au nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, il a rapporté qu’il avait parlé avec Trump samedi, lui faisant part de son opposition à l’aventurisme au Venezuela. Bien qu’utile, ce genre de diplomatie directe s’avère peu efficace.
De son côté, Diane Sare, une militante de longue date du mouvement LaRouche, a annoncé sa candidature aux élections présidentielles de 2028, en mettant au centre de sa campagne le retour aux vraies valeurs fondatrices des États-Unis, notamment le refus de tout comportement colonial.


