Henri Roure : "Choisir l’indépendance"

jeudi 1er octobre 2026, par Tribune Libre

Nous donnons ici la parole au général Henri Roure [1], dont le franc-parler contribue au débat que nous souhaitons ouvrir.

Par le Général Henri Roure,
Cercle Patria

Quand une idéologie s’impose à la direction de nations, la réflexion, lorsqu’elle parvient à être diffusée, devient un acte de résistance.

Les employés politiques de l’État profond ont été mis en place pour servir le monstre avide financiaro-bancaire et ainsi continuer à l’aider à voler, ruiner et subordonner les peuples avec cette dette qui n’est qu’une fausseté électronique, imaginée de longue date par les banquiers. Le déclenchement et l’entretien des guerres aux fondements fabriqués en sont une autre conséquence. Le profit s’en révèle considérable.

Ces lignes d’écriture, qui produisent d’autres lignes d’écriture, se renforcent grâce au labeur des citoyens et à l’énergie des entrepreneurs que les gouvernements aux ordres pressurent en invoquant des justifications aussi fausses les unes que les autres. Ils essaient vainement de faire croire au peuple qu’ils pourront ainsi le libérer de ce piège. Ils sont pourtant les frêles et obéissants courtisans de ses concepteurs.

C’est le détournement de la richesse vraie des peuples. Le concret est exploité par le virtuel. C’est du vol auquel participe la classe dirigeante. Elle accepte que le pays soit dépouillé. La Caste le sait, mais comme il s’agit de la substance lui permettant d’exister, elle fait tout pour que le système non seulement perdure, mais accroisse son emprise.

Quant à ses serviteurs, ils ne diront jamais comment fonctionne l’insane machinerie. « Trop compliqué, diront-ils, pour que le peuple comprenne les rouages de la finance. » C’est méprisant et surtout faux. La chose peut en effet se résumer ainsi :

Le dollar, à Bretton Woods, est devenu la monnaie de compte mondiale en profitant des circonstances favorables aux États-Unis au sortir de la guerre. Mais, à l’époque, le dollar s’appuyait sur l’or, reconnu depuis des millénaires comme comme la plus fiable réserve de valeur et en conséquence le plus fiable des instruments d’échange. Inévitablement, les États-Unis furent vite concurrencés par d’autres économies reconstruites. Aussi, en 1971, le président états-unien Nixon décida que cette monnaie, à la fois domestique et internationale, ne se référerait plus à un pourcentage d’or.

En conséquence, la discipline budgétaire disparut progressivement puisque le dollar ne pouvait plus être remboursé en or… Il n’était désormais que du papier avant de devenir de simples lignes dans les livres de compte et sur les ordinateurs.

Les banquiers et financiers de tous ordres, très probablement à l’origine de cette décision, en profitèrent de manière éhontée. Les prêts se multiplièrent, créant des dettes faramineuses et modifiant les habitudes séculaires de modération des États qui, depuis des temps immémoriaux, ont fait appel aux emprunts selon leurs justes et circonstanciels besoins. Ils étaient cependant toujours garantis par une certaine quantité d’or, monnaie métallique qu’un créancier pouvait exiger en remboursement d’une créance — un bon du Trésor, par exemple —, ce qui diminuait rigoureusement la possibilité de prêt de la banque concernée. Le faire était toutefois rare, mais le principe établissait une réelle confiance dans le système bancaire.

L’État profond, longtemps associé aux États-Unis, appuya leur vision impérialiste et mondialiste. C’était pratique et osmotique : le glaive aidait la banque et réciproquement. Je suis persuadé que ce processus est simple à comprendre ! Le reste n’est que du brouillard sémantique et de la mathématique spécieuse destinés à dissimuler une simple vérité.

Les prêts à l’origine de la dette n’offrent aucune richesse en contrepartie. Ils ne reposent que sur une confiance routinière des États et l’implication des dirigeants politiques. Cette assurance de ne pouvoir être contestée permet à cette oligarchie financiaro-bancaire de conserver ses intentions dominatrices et de poursuivre sa nuisance. Ces prêts, par le service de cette dette arbitraire, pénalisent les nations. Ils empêchent la France de s’enrichir et de répartir judicieusement et socialement son enrichissement, de se moderniser et d’investir.

Aujourd’hui, la France doit rembourser au monde financier environ 3 600 milliards d’euros, ce qui représente près de 120 % de son produit intérieur brut. Il est malheureusement choquant qu’un tiers de cette énorme dette — en chiffres, 1 255 milliards d’euros — soit dû au président actuel depuis son arrivée au pouvoir en mai 2017. Nous savons tous les liens qu’il entretient avec une des familles qui pilote l’État profond et nous connaissons aussi ses intentions européistes. La charge de cette dette fallacieuse se monte à 53 milliards. Elle dépasse désormais le budget annuel alloué aux armées (autour de 50 à 55 milliards d’euros) et progressera encore avec l’augmentation des taux d’intérêt. Qui plus est, le taux de remboursement est fonction de la note attribuée par les agences de notation étasuniennes, qui évaluent, selon des critères ésotériques, les perspectives économiques du pays.

Le 7 mars 1966 : le président de la République Charles De Gaulle annonce le retrait de la France de la structure militaire de l’OTAN.
Youtube Histoires d’histoire.

Quel personnage politique actuel oserait revenir sur l’indépendance de la Banque de France en la ramenant dans le giron de l’État ? Elle pourrait, sur demande du gouvernement, fournir au Trésor public des prêts à taux zéro — vous avez bien lu — comme c’était le cas avant 1973. Évidemment, il faudrait divorcer de l’UE… Que dire ?

Défendre le mondialisme et son expérimentation européenne, c’est bien laisser l’État profond poursuivre ses ravages en appliquant toutes les méthodes utiles à l’établissement de son règne. Il faudrait, pour pleinement satisfaire les responsables du système, démolir les nations. Par leur nature, elles ne peuvent que s’opposer à l’intégration financière mondialiste. D’un côté, il s’agit de dissoudre les peuples dans une masse amorphe et stupide et, de l’autre, en s’appuyant sur l’intelligence et le cœur des êtres pensants, voulus ainsi par la Providence, de tout faire pour protéger les peuples et les nations.

Dans la mise en œuvre de sa volonté assassine, la Caste ment sans état d’âme. Elle détruit l’ordonnancement ancien pour poursuivre sa logique et établir le règne absolu des banquiers. Elle pourchasse sous des prétextes hypocrites les principes démocratiques. Elle bannit la science historique et tout le savoir populaire. Le peuple doit être maintenu dans l’ignorance pour ne plus exercer sa capacité naturelle de chercher à comprendre, de réfléchir et de contester.

Madame von der Leyen est devenue la représentante emblématique de cette vision du monde. Elle est portée, évidemment, par les dirigeants des deux principaux pays de l’UE et par ceux du Royaume-Uni. Elle peut compter, pour diffuser et imposer les principes auxquels elle adhère, sur une Commission parfaitement alignée et sur un Parlement sous influence. Elle peut ainsi promouvoir le soutien financier aux seuls médias favorables à l’idéologie européiste, prévoir de condamner la mal-pensance, faire réécrire l’histoire et, dans la même veine, vouloir déstructurer l’enseignement. Elle participe à la haine de la Russie propagée par les serviteurs de cet État profond et amène ainsi les peuples européens au bord d’un conflit. C’est compréhensible, car la Russie, d’une certaine manière, est la représentante des BRICS+, dont la vocation est la multipolarité, le respect des nations et la lutte contre ce système financier dominé par les Anglo-Saxons.

C’est grâce à l’appui de certains notables des États membres qu’elle peut poursuivre ses actions à but totalitaire. Ils sont complices. Cependant, l’Allemagne manœuvre et sait bénéficier du système qu’elle espère pouvoir, le moment venu, détourner en sa faveur. L’Italie a amorcé un retrait prudent. La Hongrie montre sa méfiance, désolant ceux qui croyaient qu’un changement de président allait la ramener à la fidélité absolue à la gouvernance sise à Bruxelles.

Au demeurant, seule la France, pourtant détentrice de tous les atouts des grandes puissances, met en péril son existence et la liberté de son peuple. Certains candidats aux prochaines élections présidentielles, d’une manière affligeante, espérant pouvoir profiter de la puissance manipulatrice du système, n’hésitent pas à affirmer, du haut de leur suffisance, qu’ils sont au service du fédéralisme européen. Monsieur G. Attal, s’avère le plus audacieux dans l’affirmation de cette volonté de destruction de la France et des autres pays. Il souhaite l’émergence des États-Unis d’Europe.

À ce type de personnage s’ajoute l’alliance tacite des partis qui soutiennent l’immigration et diffusent un discours pitoyable de stupidité, d’immoralité et de haine contre tous ceux qui récusent leur pensée malade. La plupart agissent dans l’ignorance des intentions de ce que George Marchais, avec une certaine prescience, avait appelé le « grand capital », autrement dit cet État profond méprisant l’humain. Ils en sont des alliés objectifs.

Le journaliste Charles Sapin a été ainsi chassé de France Inter sous la pression de syndicats au service de la pensée unique, sans d’ailleurs faire preuve de la parcelle d’intelligence qui leur aurait permis de comprendre qu’ils se rangent au service du mondialisme bancaire. Les chaînes grand public se focalisent sur les faits divers et orientent leur médiocre information politique vers un soutien à l’ordre établi.

La chaîne CNews, un des rares espaces de liberté parmi les grands médias, est violemment attaquée par les diffuseurs conformes, mais aussi par l’ARCOM, censée gérer l’impartialité de l’ensemble. Cette autorité reste cependant bien silencieuse sur les dérives extrémistes de médias publics.

Le rapporteur Charles Alloncle, sur le sujet de l’objectivité dans l’information, a subi de nombreuses pressions et critiques pour avoir tenté de dire la vérité.

Mais tout cela arrive à son terme. Les mensonges ne trompent plus grand monde et, derrière les contre-vérités, l’État profond euro-mondialiste se dévoile. La richesse ne peut venir que de la production de biens, du fonctionnement d’usines et d’ateliers utiles à l’amélioration des conditions de vie des hommes, de la recherche, du travail de la terre ou de l’activité en mer… La spéculation, elle, n’est que tromperie.

Le système ne peut que s’effondrer très prochainement. De plus, les peuples, partout, se réveillent, ayant, eux, compris le risque que couraient les nations. Les principes fédéralistes euro-occidentaux ne pouvant convaincre les bonnes gens, attachées à leur histoire, à leurs particularités et, en substance, à leur indépendance, la Caste a transformé cet ensemble hétéroclite d’États en une dictature imbécile qui s’oriente vers le totalitarisme. Des analystes sont interdits de séjour et des journalistes empêchés d’antenne ou expulsés. L’UE, développant une sorte de ministère orwellien de la Vérité — le Miniver —, condamne sans appel quiconque s’oppose au système. La méfiance à l’égard des peuples est manifeste. Ils sont pourtant considérés comme manipulables et niais. Toutefois, nul régime ne peut s’en passer : c’est une terrible évidence !

L’ambiance d’aujourd’hui avoisine celle du régime totalitaire d’Océania, où quelques Winston Smith souhaitent modifier les archives et les livres, et réécrivent l’histoire afin qu’elle soit conforme à l’idéologie. Le régime communiste de l’URSS avait déjà mis en pratique cette idée…

D’ailleurs, cette volonté est exprimée de temps à autre par le président français. Sans ambages, sur une chaîne étatsunienne, il exprima le fond de sa pensée : « Il faut ouvrir un dialogue calme et ouvert pour déconstruire notre propre histoire. »

Il est utile de répéter quelques assertions de ce président, tant elles sont significatives de sa pensée et de ses intentions. Ne les oublions pas. Publiquement, il affirma « qu’il n’y a pas de culture française ». Il proféra aussi, en tant que candidat à l’élection présidentielle, cette phrase irresponsable, dégradante et anachronique selon laquelle « la colonisation est un crime contre l’humanité ». Son mépris pour le peuple est celui de la Caste : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux » ou encore : « Je traverse la rue, je vous trouve du travail. »

Le système s’effondre sous le poids de ses vices et de ses prétentions. L’UE cherche vainement à évoluer d’une dictature molle vers l’intransigeance d’un totalitarisme. Mais elle se heurte à l’intérieur à la résistance des peuples et aux conséquences des mesures aberrantes en matière de géopolitique et d’économie, dont l’Allemagne elle-même constate brutalement les effets. D’ailleurs, la politique de l’actuel chancelier, Friedrich Merz, vient de subir une terrible déroute avec l’arrivée massive de l’AfD (Alternative für Deutschland) en Saxe-Anhalt. Il s’agit d’un parti hostile à l’invasion migratoire, qui souhaite la dislocation de l’UE et le rétablissement du mark.

Cette fausse union des peuples poursuit ses illusions guerrières en Ukraine, alors qu’elle ne dispose d’autre force véritable que celle des États-Unis, ouvertement acquis à une négociation avec la Russie et à un repli sur leurs intérêts. Certains de ses activistes imaginent une coalition des volontaires face à la Russie et restent totalement réfractaires au réel. Ainsi, les 11 et 12 septembre 2026, la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens Combattants, Alice Rufo, s’est rendue en Ukraine pour réaffirmer le soutien de la France et renforcer la coopération franco-ukrainienne en matière de défense. Elle rapproche ainsi la France de la co-belligérance. Tout analyste objectif ne peut que s’étonner d’un tel entêtement.

En outre, l’UE est fragilisée à l’extérieur par l’activisme des BRICS+, que soutient une majorité d’États dans le monde. La Russie et la Chine, avec d’autres, ont en effet réussi à affaiblir l’Empire étatsunien, longtemps étroitement lié à la finance mondialiste. Le dollar va s’effondrer à la suite de la victoire de l’Iran qui, ne l’oublions pas, fait partie des BRICS+, mais aussi de la victoire inéluctable de la Russie contre l’Ukraine, soutenue par l’OTAN. L’or s’apprête à reprendre son rôle plurimillénaire, ce que de nombreuses banques centrales ont compris : elles se défont des bons du Trésor étatsuniens, tandis que les BRICS+ instaurent l’UNIT, une monnaie collective reposant à 30 % sur l’or.

Dans un tel contexte de désagrégation, il n’est pas pensable que la France poursuive son alignement sur les obligations que cherche encore à imposer ce système moribond.

La France doit donc dénoncer le traité de Maastricht dans tous ses aspects, retrouver ainsi ses frontières, sa monnaie, la supériorité de son droit et, en vérité, son indépendance. Elle doit évidemment rejeter la sujétion otanienne, qui impose à ses armées des obligations contraires à ses intérêts et ne lui ouvre même pas un marché pour ses, pourtant remarquables, industries d’armement. Elle pourra ainsi protéger son économie, que l’ultralibéralisme a dépouillée de ses fleurons industriels, a menacé sa pêche et piétiné son agriculture, sans que les personnes au pouvoir, fidèles à leur alignement, acceptent de prendre les mesures indispensables.

Dans la perspective des élections présidentielles et législatives, il apparaît donc que seuls les candidats affirmant vouloir suivre le chemin du recouvrement de l’indépendance nationale sont en conformité avec la France, dans sa nature, son histoire, sa puissance et l’universalisme de son rôle. Les autres — c’est attristant — demeureront des collaborateurs, avoués ou de fait, de l’européisme-mondialiste.

Le Français et le croyant que je suis ne peut que souscrire à cette prière pour la France du pape Léon XIV, dite à la grotte de Massabielle, à Lourdes :

[( « Nous te prions, Notre-Dame, pour la France, dont tu es la patronne et que tu as, durant tant de siècles, entourée de ta protection. Obtiens pour son peuple le don de la concorde fraternelle, afin qu’il construise une société harmonieuse, bannissant toute violence et toute haine, permettant à chacun de travailler, de fonder sa famille et d’accomplir sa vie jusqu’au bout dans la tranquillité et la sérénité. Obtiens pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d’eux-mêmes, capables d’affronter les défis et voulant servir le bien commun. Qu’ils la gardent en paix dans le concert des nations. Qu’ils fassent entendre sa voix pour promouvoir la défense des droits humains fondamentaux ainsi que la paix dans le monde, rejetant à jamais les logiques de guerre. » )]


[1] Officier général, Saint-Cyrien, breveté de l’enseignement militaire supérieur, docteur d’État en Sciences politiques, Henri Roure a fait sa carrière dans les Troupes de Marine. Il a notamment servi en Afrique et en état-major dans les Relations internationales. Il est membre du Cercle de Réflexion Interarmées, conseiller pour les questions africaines et géopolitiques et conférencier. Il est auteur d’une douzaine d’ouvrages et de nombreux articles.