La City de Londres applaudit la fuite en avant militaire de Trump

mardi 13 janvier 2026


Face au revirement brutal de l’administration américaine, désormais engagée tête baissée dans un aventurisme militaire totalement contraire à ce pour quoi Donald Trump a été élu, l’oligarchie financière anglo-américaine ne cache pas son enthousiasme, ainsi que le montre un article paru dans le Financial Times.

Le complexe militaro-financier se frotte les mains

« Trump défie le monde au cours d’une semaine de choc et d’effroi. » C’est par ce titre que le quotidien Financial Times, porte-parole de l’oligarchie financière de la City de Londres, a jugé bon de résumer la première semaine de la nouvelle année.

« Un Trump expansionniste et prompt à dégainer a lancé une opération militaire pour capturer le dirigeant fort vénézuélien Nicolás Maduro, promettant de ramener l’ordre dans ce pays, tout en proférant de nouvelles menaces pour prendre le contrôle du Groenland appartenant au Danemark, un allié de l’OTAN, et avertissant que Cuba et la Colombie pourraient être les prochaines cibles de l’Amérique », note le FT.

Après que « les États-Unis ont redoublé d’efforts pour faire respecter un blocus naval total » sur le Venezuela, la garde côtière américaine « a poursuivi un pétrolier russe à travers l’Océan Atlantique Nord », avant de l’arraisonner de force. Comme le quotidien londonien le rappelle à ses lecteurs, Trump lui avait affirmé, quelques jours auparavant, que la seule chose qui pouvait l’arrêter était sa « propre moralité » et « son propre esprit ».

« Je n’ai pas besoin du droit international », avait-il ajouté.

Le FT aborde alors le point crucial du point de vue du complexe militaro-financier associé aux intérêts financiers de la City :

« Sur Truth Social, il [Trump] a annoncé avec désinvolture qu’il exigerait du Congrès une augmentation de 50 % des dépenses de défense d’ici 2027, soit une énorme hausse de 1000 à 1500 milliards de dollars. »

Rappelons que le budget actuel de la défense américaine de 1000 milliards de dollars – en grande partie détourné vers Wall Street et la City de Londres via ses marchands de canons tels que Lockheed Martin, Raytheon et Northrop Grumman – représente environ 14 % du budget fédéral total de 2025, qui s’élève à 7000 milliards de dollars.

Le paiement des intérêts courants sur la dette fédérale de 38 000 milliards de dollars représente 1 milliard de dollars supplémentaire (c’est-à-dire 14 % supplémentaires), dont au moins la moitié revient également aux banques occidentales.

Si le nouveau budget de la défense de Trump est adopté, il consommera plus de 20 % du budget national !

Stopper l’économie schachtienne

Il s’agit d’une économie de type « schachtien », en référence aux politiques mises en œuvre par le banquier central puis ministre de l’Économie d’Adolf Hitler, Hjalmar Schacht, visant à entraîner le pays dans des aventures militaires et imposer un pillage génocidaire par la guerre, tout en maintenant à flot une bulle financière spéculative en faillite.

Si l’on considère la fuite en avant actuelle, y compris la montée en puissance vers une potentielle guerre nucléaire contre la Russie, il est clair que nous assistons à l’association d’une politique économique de ce type avec l’utilisation de la terreur et de la force brute, afin d’imposer à toute la planète les volontés d’un empire en effondrement. Une politique, non « de choc et d’effroi » (chock and awe) mais de « Schacht et d’effroi », ironise-t-on dans certains gouvernements !

Heureusement, la grande majorité de la population mondiale, du moins dans l’hémisphère sud, n’a nullement l’intention de continuer à se soumettre au dollar de la City et de Wall Street. Emmenés par les BRICS, en particulier, ces pays sont déterminés à mettre fin à la pauvreté en permettant à toute nation d’accéder au développement technologique. Ils se battent pour organiser une nouvelle architecture internationale de sécurité et de développement pour toutes les nations, et pas seulement pour un club de riches cultivant l’entre-soi.

Et surtout, ils tournent leur regard vers les États-Unis, dans l’espoir d’y voir émerger un « leadership » capable de stopper cette fuite en avant militaire, de faire respecter la souveraineté des autres nations, de revenir aux principes fondateurs de la République américaine et de travailler avec d’autres nations souveraines pour offrir le progrès à toute l’humanité.

Le 10 janvier, Diane Sare, dirigeante de l’Organisation LaRouche et ancienne candidate indépendante au Sénat pour l’Etat de New-York, a tenu une réunion de campagne à New York pour annoncer sa candidature à la présidence américaine.

Et tandis qu’elle terminait son discours, un dirigeant politique vénézuélien (dont le pays venait d’être attaqué militairement et le président brutalement enlevé et séquestré par les États-Unis, le 3 janvier) a envoyé ce message à son équipe de campagne : « Félicitations à Diane Sare ! Si j’étais Américain, je voterais pour elle ! »