La mise en garde de Banksy contre le « patriotisme aveugle »

mercredi 6 mai 2026, par Karel Vereycken

Le 29 avril, à l’aube, une nouvelle statue est apparue à Londres, sur Waterloo Place, dans le quartier de St James, un quartier conçu pour rendre hommage à la domination militaire de l’Empire britannique au XIXe siècle. Cette sculpture en résine imite la patine du bronze des statues du roi Édouard VII et de l’infirmière Florence Nightingale, situées à proximité du Mémorial de la guerre de Crimée.

L’artiste urbain, connu sous le pseudonyme « Banksy », sait allier politique, humour et poésie pour faire passer un puissant message antisystème et pro-paix.

Installée par surprise, cette sculpture représente un homme en costume qui marche d’un pas décidé sur un piédestal, portant un drapeau qui, avec l’effet du vent, lui recouvre entièrement le visage. Il a un pied au-dessus du vide, au bord du socle, suggérant qu’il est sur le point de tomber.

L’œuvre, qui fait écho aux fantômes de Goya et aux visions surréalistes de Magritte, s’inspire surtout d’une statue en aluminium intitulée The Flagman, réalisée en 2013 par le sculpteur Fernando Sanchez Castillo, actuellement au musée d’Utrecht aux Pays-Bas.

Le message de Banksy est clair : arborer le drapeau de sa nation n’est pas le problème, c’est se boucher la vue avec qui conduit au désastre. Fait intéressant, le personnage de Banksy est en costume-cravate et non en uniforme militaire. Pour l’artiste, ce sont donc les élites politiques et financières qui cautionnent actuellement le type de « patriotisme aveugle » qui plonge l’humanité dans le chaos et la guerre.

La plupart des spectateurs identifient immédiatement Donald Trump comme la cible de choix de l’artiste. Mais Banksy va beaucoup plus loin, en dénonçant le principe même qui conduit les dirigeants actuels à une stupidité suicidaire.