Chaque jour, l’escalade des pays de l’Otan contre la Russie monte d’un cran, si bien que tout observateur passif ne peut y voir d’autre issue que la guerre. Dans le même temps, sur les murs des cavernes des pays européens, on voit se multiplier les ombres qui se dessinent comme autant de signes de la décrépitude accélérée des gouvernements. Après nous le déluge guerrier ?
En Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez se retrouve en difficulté à cause de l’affaire Maricarmen Abascal, une Espagnole de 87 ans expulsée de son appartement madrilène le 23 septembre 2026 après qu’ Urbagestión, une société d’investissement (qui mérite bien le surnom de « fonds vautour ») a acheté l’immeuble où elle vivait et augmenté son loyer mensuel de 500 € à 2 650 € (qu’ils ont ensuite « généreusement » rabaissé à 1650€, soit encore plus du triple du loyer initial !). Ne pouvant plus payer son loyer avec sa petite retraite, la vieille dame, qui est en fauteuil roulant, a vu la police de Madrid débarquer chez elle, défoncer sans état d’âme sa porte et l’emmener sur une civière, ce qui a conduit à son hospitalisation.
Face à l’embrasement médiatique, le gouvernement de Pedro Sánchez a présenté en urgence devant le parlement espagnol une loi sur la réforme des loyers, dans l’objectif d’empêcher que des cas d’expulsion comme celui-ci ne se répètent, mais le Parlement l’a rejetée le 2 octobre. Le lendemain, des manifestations ont réuni des centaines de milliers de personnes dans une cinquantaine de villes à travers tout le pays.
Chez nous, en France, le mouvement de protestation lancé par des lycéens le 17 septembre gagne désormais l’ensemble du territoire. Ses revendications sont parfaitement légitimes, mais vont à l’encontre du budget que doit présenter Sébastien Lecornu, notre Premier ministre, pour rassurer les marchés financiers. Comme lors du soulèvement des Gilets jaunes, les contestataires sont traités de voyous, et des groupes extrémistes sont déployés pour tenter de noyer le mouvement dans la violence. Dans un contexte où la cote de popularité de Macron, qui avoisine les 16 %, est aussi asséchée que les sols, ce mouvement est la brindille enflammée qui pourrait embraser tout le pays très rapidement. Pompiers, syndicats d’enseignants et parents d’élèves s’organisent pour protéger les jeunes d’une violence policière disproportionnée. Pour la droite et l’extrême droite, tout est la faute de Mélenchon et de LFI. D’autres soupçonnent même que le chaos serait orchestré par une « puissance étrangère » (comprenez Moscou).
En Allemagne, l’ancien cadre de BlackRock et actuel chancelier Friedrich Merz, qui prend soin, depuis qu’il est aux manettes, de démanteler systématiquement ce qui était l’une des économies industrielles technologiquement les plus avancées du monde, est encore plus détesté que Macron en France, avec une popularité qui oscille entre 11 et 12 %, moins de 18 mois après son élection. Outre-Rhin aussi, plusieurs dizaines de milliers de jeunes ont manifesté dans une centaine de villes allemandes contre la perspective de devoir servir sous les armes et de devenir de la « chair à canon ». Le 30 septembre, lorsque Friedrich Merz a eu l’outrecuidance, dans la ville de Münster, de décerner le « Prix de la paix de Westphalie » à l’OTAN (!!!) pour « sa contribution à la sécurité et à la paix dans l’espace euroatlantique, notamment à l’heure de la guerre en Ukraine », il s’est fait siffler par une population l’accusant d’avoir « du sang sur les mains ».
Ce qui apparaît maintenant au grand jour, c’est que ce sont bien Merz et Macron qui, en refusant de tenir compte des intérêts de sécurité de la Russie, poussent l’Europe et l’Otan vers un conflit avec Moscou, conformément à la politique de Londres – et malgré l’opposition de la grande majorité des populations.
Comme l’a souligné le 1er octobre le président russe Vladimir Poutine lors des débats du Club Valdaï : « Ce qui se cache derrière l’escalade constante des tensions dans de nombreux pays européens (…) [est] la grave dégradation de leur situation économique et politique intérieure. Il suffit de regarder ce qui arrive à leurs économies, à leur politique sociale et au niveau de vie des habitants des grands pays européens. Dans ces circonstances, ils ont désespérément besoin de détourner l’attention du public des problèmes intérieurs pour se tourner vers des questions extérieures. »
Si la tentative européenne d’isoler l’enclave russe de Kaliningrad et même de s’en emparer se poursuit, a averti Poutine, « la question de l’utilisation par la Russie de toutes les armes à sa disposition se posera inévitablement et immédiatement. » Le président russe a ajouté que les dirigeants européens feront tout pour « détourner l’attention de leurs citoyens du fait que ce sont eux qui mènent une politique agressive envers la Russie et poussent leur peuple vers un dangereux seuil d’affrontement ».
« Nous ne menaçons personne, déclara-t-il pour conclure. Nous n’avons aucune intention d’attaquer qui que ce soit, que ce soit en 2029, 2030 ou 2050. Mais si nous sommes soumis à une agression, nous n’aurons pas d’autre choix que de réagir. Les habitants des pays européens doivent le comprendre clairement et distinguer notre position de celle de leurs dirigeants politiques. Il me semble cependant qu’ils comprennent la différence. Nous le voyons dans les résultats des élections et dans l’opinion publique dans les principaux pays européens. »
Et qu’en est-il des États-Unis ? Les sondages récents indiquent que le président Trump affiche également des taux de popularité historiquement bas, avec seulement 28 % de soutien à sa gestion de la guerre d’Iran et 26 % favorables à sa politique économique. Ne pourrait-on pas mobiliser ces 75 % de la population, qui rejettent à juste titre la guerre et la dépression économique, pour faire changer ces politiques ?
La présidente de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, a insisté samedi sur la nécessité impérative d’unir les mouvements de la paix américains et européens, avant que la crise de Kaliningrad et d’autres crises associées ne dégénèrent complètement. Elle a souligné le grand potentiel créé par les interventions récentes du pape Léon XIV lors de ses voyages en France, en Espagne et en Afrique, en soulignant que « le développement est le nouveau nom de la paix ».
Cette perspective apportée par le pape, a souligné Zepp-LaRouche, coïncide avec les objectifs du président chinois Xi Jinping et du président russe Vladimir Poutine, ainsi qu’avec les concepts fondamentaux d’économie physique développés par l’économiste et homme politique américain Lyndon LaRouche (1922-2019), notamment dans sa Science of Christian Economy (1991), parmi ses nombreux autres écrits.