Il a osé le dire et l’écrire. Dans une tribune libre intitulée « Une solution sumérienne à notre déficit de 40 000 milliards de dollars » publiée le 22 août dans le New York Times, Paul Vigna, rédacteur-en-chef de la prestigieuse revue American Banker, souligne (sans mentionner le combat historique de l’économiste américain Lyndon LaRouche (1922-2019) sur le sujet) que face à une dette américaine qui explose, l’annulation des dettes, jusqu’ici considérée comme un crime absolu par les monétarismes, est précisément ce qui a permis à l’humanité de survivre au fil du temps.
Vigna rappelle à ses lecteurs :
Tout en omettant le cas plus récent du traité de Westphalie de 1648 (qui prévoyait des annulations sélectives de dettes de guerre), il cite le cas bien connu de Sumer, que nous avons amplement documenté sur le site de Solidarité & Progrès.
Comme le précise Vigna, le mot amargi (« retour à la mère » ou plus précisément « retour à un état originel ») désignant ces annulations signifie liberté en sumérien, car les mauvais payeurs purgent généralement de longues peines de prison.
« Comme on pouvait s’y attendre, les personnes à qui l’on devait de l’argent n’étaient pas toujours satisfaites… À Athènes, le souverain Solon instaura une série de réformes vers 594 av. J.-C. qui annulaient les dettes. Ces changements rencontrèrent une vive opposition de la part de l’élite dirigeante.
« Si cette pratique a souvent fonctionné dès le départ, c’est parce que le monde antique avait compris une chose de notre système monétaire que nous avons largement oubliée : la monnaie est une construction sociale. Elle n’est pas réelle, contrairement à un arbre ou une pierre. Le système monétaire et de crédit est une invention humaine. C’est un outil de comptabilité pour la distribution des ressources. Et puisque la monnaie est une création humaine, nous pouvons la modifier au besoin. »
Vigna conclut :
En annonçant son article sur son compte X, Vigna précise :
Bien entendu, il s’agirait non pas d’une annulation généralisée et aveugle, ruinant de façon indiscriminée aussi bien l’épargnant que le spéculateur, mais d’une mise en faillite ordonnée de tout un système, comprenant aussi bien, après triage des créances, la protection de l’épargne et des dépôts que le passage par pertes et profits des énormes quantités de titres spéculatifs. Le principe d’amargi, mais ajusté au monde moderne.
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