Nos propositions
C’est avec notre tract « Urgences : stop à l’hémorragie ! » (à télécharger ici), que des militants SetP sont intervenus le jeudi 6 juin à la journée de manifestation nationale du personnel des services des urgences. Interviewée en direct depuis la manifestation, Agnès Farkas, militante et responsable Santé de SetP, nous livre ses remarques sur les solutions et la réorganisation du système des urgences (la vidéo facebook est publiée à la fin de l’article).
Face à la détresse des équipes médicales, Agnès Buzyn prétend qu’elle n’a pas de « solution miracle ». Dans un gouvernement qui s’est soumis au libéralisme financier, c’est vrai : elle n’a que de la com’ et des mesurettes à proposer...
C’est en sortant du moule que les solutions apparaissent. Si les technocrates dont les programmes sont dictés par les thinks-tanks de la finance ne veulent pas les voir, ceux qui se dévouent au quotidien pour leurs patients les connaissent.
Un gouvernement digne de ce nom doit non-seulement se mettre réellement à l’écoute des représentants du personnel médical, mais aussi déployer immédiatement des équipes aux quatre coins du pays pour évaluer rapidement les besoins sur le terrain, au cas par cas.
Avec une vision territoriale de la situation, il doit dégager les moyens financiers pour tout de suite :
L’afflux aux urgences, aujourd’hui, est surtout composé de patients en détresse cardiaques, psychiatriques, victimes d’accidents domestiques ou de violences... ou de malades en hospitalisation à domicile (cancers...). Les accidentés de la route ne sont plus la majeure partie des urgences. C’est un changement qui aurait du être acté depuis plusieurs années.
A l’heure actuelle, pour donner les moyens d’accueil efficient aux urgences, il faudra prévoir deux salles d’attente : l’une pour les urgences graves, l’autre pour les petites urgences. Ce qui facilitera le travail du personnel et contribuera à apaiser les patients.
Pour désengorger les urgences, il faut, de plus, activer une campagne de sensibilisation de la population pour qu’elle utilise plus systématiquement le Samu 15, formé pour diriger les patients vers les centres médicaux et hospitaliers d’urgence adéquats (psychiatrie, cardio-vasculaire, pédiatrie...) ou lancer un appel, si nécessaire, au SMUR. Cette régulation en amont soulage les urgences.
Faire en sorte que chacun puisse trouver un médecin prêt à l’accueillir et à intervenir très vite si nécessaire est une responsabilité générale de l’ensemble de la société. Les propositions formulées dès 2014 dans le Livre blanc du SAMU sont à étudier de près.
Il faut en particulier :
Tout cela demande des moyens, de gros moyens. Mais ce sera payant pour l’ensemble de la société.
Etes-vous prêts à briser les règles du jeu financier ? Si ce n’est pas le cas, alors il vous faudra donner raison à Agnès Buzyn : « Il n’y a pas de solution miracle ».
Vidéo : en direct depuis la manifestation des urgentistes à Paris, Montparnasse, Agnès Farkas, militante et responsable Santé de SetP, nous livre ses remarques sur les solutions et la réorganisation du système des urgences (cliquez ICI si la vidéo ne s’affiche pas) :