Intervention de Yoan Delhotal, sympathisant de Solidarité & Progrès, lors de la conférence organisée par S&P et l’Institut Schiller à Paris, les 8 et 9 novembre 2025.
Pourquoi les mondialistes ont tort
Comment maximiser l’espérance de gain de l’humanité dans un monde incertain ?
Introduction
La recherche de prédiction du futur est une quête qui fascine l’humanité depuis longtemps, celui qui réussira à percer le secret du temps futur ne pourra être qu’un Dieu du temps présent.
Bien que les algorithmes de machine learning et autres modèles mathématiques semblent être plus efficaces que les pythies en la matière, nous n’avons pas encore réussi à trouver la solution à cette énigme. Mais cette solution est-elle réellement envisageable aujourd’hui ?
Dans la vision déterministe du monde, chaque état physique étant défini par son état antérieur, si nous avions en main toutes les données relatives aux états physiques des objets ayant un impact sur le futur que nous tentons de prédire, et que nous comprenions l’intégralité des règles causales du monde physique, il serait théoriquement possible de prédire avec précision les états futurs successifs de chaque chose.
Mais le fait même d’utiliser une base axiomatique est symptomatique de notre incompréhension de quelqu’une des lois physiques régissant le monde qui nous entoure, certaines choses doivent être considérées comme vraies, même si on ne comprend pas tous les mécanismes sous-jacents puisque nous n’arrivons pas à les déterminer sur le plan mathématique.
Il serait donc naïf de croire qu’une prédiction basée sur cette compréhension axiomatique du monde puisse être juste à tous les coups, surtout en période d’incertitude.
Et justement, beaucoup de tendances et d’évènements récents nous font comprendre que l’incertitude atteint des sommets, que ça soit le changement de paradigme géopolitique et économique mondial, l’accroissement des tensions politiques et sociales à travers le monde, l’avènement de l’IA, l’instabilité de nos systèmes financiers et bancaire ainsi que beaucoup d’autres.
Les changements et tendances génératrices de cette incertitude et de la volatilité potentielle qui les accompagne sont le terreau fertile des cygnes noirs.
Il s’agit d’évènements rares et imprévisibles, positifs ou négatifs, à fort impact : il peut s’agir d’une crise pour le cygne noir négatif et d’une découverte scientifique majeure pour le cygne noir positif.
Ils sont rares car ce sont les évènements les plus extrêmes et ils sont imprévisibles car on ne peut pas mesurer précisément leur point de départ, leur impact et leur date. C’est à cause de ce genre d’événement qu’il est d’autant plus difficile de prédire l’avenir en période d’incertitude.
Il s’agit d’un concept développé par Nassim Nicholas Taleb, écrivain, statisticien, philosophe et économiste libano-américain, qui a consacré une grande partie de sa vie à l’étude du hasard, de l’incertitude et de la manière d’en tirer profit en exploitant la non linéarité des effets.
J’aimerais aujourd’hui vous présenter une approche, basée sur ses travaux, pour tenter de tirer la meilleure espérance de gain de cette incertitude et surtout de limiter les risques auxquels elle nous expose.
Non linéarité des effets
Quand on parle d’espérance de gain, on désigne les effets moyens que l’on va pouvoir attendre d’un événement incertain en analysant les issues possibles.
Par exemple, si je joue à pile ou face en misant 50 centimes, que je gagne 1 euro lorsque c’est pile (50% du temps) et 0 euro lorsque c’est face (50% du temps), mon espérance de gain est de 50 cts (100% du temps).
Néanmoins, dans ce cas précis, il s’agit d’une relation linéaire, si je décide d’augmenter la taille de l’évènement, que je passe ma mise de 50 centimes à 50 euros, l’espérance de gain passera de 50 centimes à 50 euros également, elles évoluent proportionnellement.
Mais ça n’est pas toujours le cas, c’est ici qu’on parle de non linéarité des effets,
Il s’agit de la non linéarité de la courbe de l’espérance de gain par rapport à la taille de l’évènement ou à la volatilité.
Par exemple, si on cherche à modéliser le temps de trajet moyen en voiture d’un point A à un point B selon le nombre de voitures sur un même axe routier, on obtiendrait quelque chose comme ça :
- en ordonnée, le temps de trajet, qui représente notre espérance de gain
- en abscisse, le nombre de voitures en circulation (en milliers), qui représente notre élément de volatilité qui aura un impact sur notre espérance de gain
- A gauche, lorsqu’il n’y a pas ou peu d’autres véhicules, nous pourrons rouler à notre vitesse maximale et atteindre un temps de trajet minimal, mais qui est tout de même limité par le monde physique. Il y a un temps de trajet minimum, peu importe à quel point la route est vide.
- Au milieu, le nombre de voitures présentes est encore raisonnable et n’impacte pas ou peu le temps de trajet pour chacun de ces automobilistes.
- Et à gauche, c’est là que les problèmes commencent. Au-delà d’un certain point, le temps de trajet augmentera de manière bien supérieure au nombre de voitures en circulation proportionnellement, 10% de voitures en plus pourraient représenter 30% de durée de trajet en plus. Il s’agit du point de congestion.
On se rend compte que nous sommes dans une situation de non-linéarité concave, dont les effets négatifs augmentent plus vite que la taille de l’impact ou la volatilité (ici le nombre de voitures)
Lorsque l’incertitude s’accroît et que la volatilité du nombre de voitures augmente, il sera de plus en plus fréquent de rencontrer des situations où le temps de trajet sera extrêmement long car le nombre de voitures pourrait être bien plus élevé que la normale, les cas extrêmes étant plus fréquents lors des périodes d’incertitude.
C’est pourquoi on préfèrera mettre de côté la prédiction du futur pour s’attarder sur l’analyse des conséquences probables de ces cas extrêmes sur nos systèmes afin de maximiser notre espérance de gain.
On ne cherche pas forcément ici à mesurer précisément la relation entre l’évolution de la taille de l’impact et de ses effets. On cherche surtout à en déduire une tendance de l’évolution de l’espérance de gain vis-à-vis de la volatilité.
Nous pourrions tenter de généraliser le processus afin d’évaluer la tendance qu’auraient les impacts d’un événement en fonction de la taille de l’impact.
Nous pourrions par exemple tenter de déterminer la tendance de l’espérance de gain de la recherche scientifique, c’est également un domaine dans lequel le gain n’est pas linéaire, les chercheurs ne vont pas progresser de 1% par jour jusqu’à arriver à une découverte au bout du 100ème jour. Il peut ne rien se passer pendant des années, et qu’en une matinée, une découverte révolutionnaire soit faite.
Pour modéliser cela, nous allons représenter tous les scénarios probables et nous allons tenter de leur associer une espérance de gain individuel :
- pas de découverte : l’espérance de gain est négative, on y a perdu de l’argent
- une découverte : l’espérance de gain est corrélée au potentiel de la découverte, en majorité des découvertes mineures et pour la minorité, des découvertes révolutionnaires, l’espérance de gain serait difficile à estimer tant elle aurait le potentiel d’impacter positivement la société.
En cherchant à modéliser ces scénarios sur l’échelle de l’incertitude, on se rend compte que dans la majorité des cas, la recherche représente un coût ou un gain marginal, et dans les cas les plus extrêmes une espérance de gain potentiellement infinie.
Nous sommes ici aussi dans une situation de non-linéarité, mais celle-là n’est pas concave, elle est convexe.
Et dès à présent, on peut classer nos types de non-linéarités des effets en deux catégories distinctes :
- les non-linéarités concaves : où les effets négatifs augmentent plus vite que la taille de l’impact
- les non-linéarités convexes : où les effets positifs augmente plus vite que la taille de l’impact
Nassim Nicholas Taleb désigne les situations de non-linéarité concave comme étant fragiles car elle ne supporte pas la volatilité au-delà d’un certain point, au-delà duquel les effets négatifs pourraient être colossaux car non-linéaires.
Les situations de non-linéarités convexes sont, aux yeux de Taleb, des options aux coûts maîtrisés dont l’espérance de gain pourrait être potentiellement infinie et qui bénéficie intrinsèquement de la volatilité car le plus gros des gains se situe aux scénarios extrêmes.
Afin de tirer les meilleurs profits d’une période incertaine sans pouvoir prédire l’avenir, il y a donc deux axes qu’on peut employer :
- minimiser les situations concaves et la fragilité
- maximiser les situations convexes et l’antifragilité
Maintenant que l’on a défini les contours de cette approche, nous allons nous intéresser à l’existant et à la nature convexe de l’humanité.
Développement du système humanité
Depuis tout temps, l’humanité a compris que pour affronter le monde, rester seul n’était pas une solution viable.
L’organisation des individus en groupes sociaux s’est imposée comme la meilleure stratégie de survie mais aussi la meilleure stratégie de transmission de connaissance pour chacun des individus qui composent ces groupes.
Nous nous retrouvons donc aujourd’hui avec différents groupes sociaux souverains qui interagissent entre eux et avec les individus qui les composent : il s’agit du système humanité.
Ici on peut voir une représentation très simplifiée du concept que je viens d’évoquer, on va retrouver un certain nombre de nœuds, qui vont représenter les nations de notre système humanité.
Chacune de ces nations est un système propre composé des individus et d’autres groupes sociaux au sein de la nation.
Ces différentes nations prennent des décisions et voies différentes les unes des autres, notamment à travers l’action publique pour influer sur son système propre.
Ces stratégies peuvent être extrêmement variées et complexes, elles ne sont limitées que par le champ des possibles et sont généralement orientées pour être adaptées au contexte local actuel et aux « besoins de développement ».
Ces différences de stratégies conduisent à des résultats tout aussi différents, certaines amenant globalement du positif ou globalement du négatif à la nation qui l’a mise en place.
D’un point de vue probabiliste, plus il coexiste de stratégies différentes, plus les chances que toutes les stratégies employées échouent tendent vers 0. Et au contraire, la chance qu’une avancée significative voit le jour tend vers 1 dans le temps long.
C’est l’exploitation de la non-linéarité convexe appliquée à la loi des grands nombres qui nous assure des avancées significatives.
Donc la multiplicité des stratégies coexistantes et indépendantes nous permet, d’un point de vue macro dans le système humanité, d’avoir toujours des groupes sociaux en développement sans jamais risquer l’impasse globale pour l’humanité.
D’un point de vue terre à terre, cela revient pour l’humanité à éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier.
Certaines de ces nations vont connaître des cygnes noirs dans leur histoire, générés par les différentes stratégies employées :
- Cela pourrait être un cygne noir positif comme une découverte scientifique, une nouvelle technique révolutionnaire ou tout autre évènement ayant un impact positif conséquent dans une société. Ces évènements auront un fort potentiel néguentropique, pour rejoindre la vision de Lyndon LaRouche.
- Mais cela peut également être un cygne noir négatif, comme une guerre, une crise ou tout autre évènement négatif très impactant pour cette nation.
On peut observer une inégalité d’effet entre le potentiel d’impact de ces deux types d’événements : les cygnes noirs positifs peuvent avoir bien plus d’impact sur l’humanité que les cygnes noirs négatifs.
Mais, pour bien le saisir, il faut que l’on rajoute les interconnexions des nations dans notre système humanité. Il peut s’agir, entre-autres, de commerce, d’échange d’information, de lobbying ou même d’un conflit.
De manière générale, ces interconnexions représentent toutes les influences et interactions des nœuds dans un système, ici les nations qui interagissent entre elles.
Ces interconnexions auront justement un rôle crucial concernant les impacts des cygnes noirs positifs.
Une découverte majeure dans le domaine scientifique ou toute autre avancée révolutionnaire aura tendance à se propager dans le système une fois que son aspect incontournable sera communément admis.
Une fois la machine à vapeur découverte, le gain d’efficacité était tel que ceux qui l’avaient à leur disposition ne pouvaient pas se permettre de ne pas l’utiliser, et tous ceux qui ne l’avaient pas ont tout fait pour y avoir accès.
Concernant la connaissance, la technique et les outils, l’humanité à cette capacité systémique de sélectionner les découvertes et avancées apportant un bénéfice incontournable et de les propager dans le système.
A contrario, concernant les cygnes noirs négatifs, on peut observer qu’ils seront circonscrits à un lieu et une époque, une famine ou une guerre impactera une zone précise de notre système monde, mais ne pourra pas se propager à toute l’humanité
Pour résumer, nous avons donc un système humanité qui permet :
- d’expérimenter plusieurs stratégies, dont certaines seront forcément gagnantes ;
- d’exploiter les résultats positifs de ces différentes stratégies ;
- d’éviter les risques systémiques pour l’humanité par la présence de stratégies alternatives et par la limitation des impacts des cygnes noirs négatifs.
Le développement du système humanité est donc basé sur une multitude d’explorations ciblées du champ des possibles par la méthode essai-erreur, tout en permettant de sélectionner une stratégie gagnante lorsqu’elle s’impose par les bénéfices apportés.
Nous pouvons donc nous rendre compte que le système humanité est plutôt bien organisé naturellement, permettant de tirer les meilleurs profits des cygnes noirs positifs tout en limitant les impacts des cygnes noirs négatifs, ce système est antifragile par défaut.
Mais, à y regarder de plus près, cette antifragilité intrinsèque était fortement liée à des limitations techniques plutôt qu’à une volonté consciente.
Aujourd’hui, la technologie nous permet de communiquer en un instant à travers le monde, de le parcourir en quelques heures en avion et en quelques jours en bateau. Cela augmente considérablement nos capacités organisationnelles.
Optimisation, concavité et risques systémiques
Et c’est à l’aune de ces nouvelles capacités que l’humanité est mise face à un choix : comment nous organiser de manière mondiale à l’aide de toutes ces nouvelles technologies.
La réponse américaine, et a fortiori, du monde de la finance, est toute trouvée : cette organisation sera basée sur l’optimisation financière.
L’optimisation en tant que telle n’est pas un mauvais outil, mais lorsqu’elle n’est gouvernée que par la métrique financière, elle conduit à prendre des voies fragiles, rentables à court terme mais dangereuse à long terme.
Pour illustrer cela, nous pouvons prendre l’exemple de la mondialisation, plus le marché mondial s’ouvre, plus les acteurs privés ont des possibilités d’optimisation :
En l’an 1800, il était commun de fabriquer des chaussures localement pour la consommation interne.
En 2025, on peut en arriver à fabriquer une semelle de chaussure au Bangladesh, un corps de chaussure en Malaisie, à assembler les deux en Inde avant d’approvisionner les clients en France.
Aujourd’hui, c’est monnaie courante, les acteurs privés vont chercher la moindre rentabilité qu’offre la mondialisation pour tirer leurs coûts vers le bas, quitte à complexifier à outrance leur chaîne de production.
Lorsque tout va bien, l’entreprise réalise un profit non négligeable mais tout de même limité aux économies possibles, qui ne pourra pas dépasser le coût de production initial.
Par contre, lors d’évènements extrêmes, où l’incertitude et la volatilité règnent, les impacts négatifs sur le monde physique peuvent être conséquents : cela peut être des ruptures de chaîne d’approvisionnement ou des impacts en cascade qui n’auraient pas eu cette ampleur sans cette optimisation financière et cette mondialisation.
La crise du covid est l’exemple parfait de la fragilité de nos chaînes d’approvisionnement, optimisée face à un événement extrême.
Ces économies de bouts de chandelles au prix d’une complexité extrême deviennent le terreau de cygnes noirs négatifs majeurs et accroissent le risque systémique au sein du système humanité.
Voici comment nous pouvons le représenter d’un point de vue espérance de gain :
Dans ce paradigme d’optimisation financière, le gain limité court-termiste est acheté par une exposition accrue aux risques systémiques et par l’augmentation de ses impacts potentiels.
Dans cette même idée, le monde financier cherche en permanence à optimiser ses pratiques afin d’en tirer la meilleure rentabilité.
Et sur le temps long, cela se traduit par une exposition au risque accrue, à la vente de produits financiers de moins en moins bonne qualité, et par un système croissant d’assurance et de réassurance entre ses acteurs.
Sur le papier, le monde de la finance ne peut pas tomber, sauf que dans la réalité, toutes ces tentatives d’optimisation et de réduction du risque basé sur les interdépendances entre les acteurs conduit à un accroissement d’un risque systémique.
Et à partir d’un certain point, la faillite d’une simple banque régionale peut conduire, par effet de rebond, à un cygne noir qui aurait un tel impact sur le monde bancaire que les Etats seraient contraints d’intervenir pour éviter la chute du système financier et bancaire, comme lors de la crise de 2008.
Du point de vue des financiers, c’est une position qui se comprend, ils génèrent du profit lorsque tout va bien, et en cas de crise, ce sont les Etats, et donc les citoyens, qui doivent payer l’addition du risque qu’ils nous font encourir.
De manière générale, la vision centraliste, globaliste, mondialiste et monétariste de l’oligarchie financière répond au même schéma : des gains limités pour eux, des risques massifs pour nous.
Et cette logique, appliquée de manière massive nous conduit dans des voies fragiles pour les nations s’étant laissé séduire.
Le système qu’ils nous propose n’est pas conçu pour résister à l’incertitude, il est fait pour être optimisé et rentable, quitte à être rigide et fragile.
Avec une incertitude croissante, il est nécessaire de limiter notre exposition aux risques systémiques dû à ces postures concaves de nos « élites ».
Conclusion : Quelle stratégie adopter en tant qu’humanité ?
Pour en revenir à la question initiale, qui était « Comment maximiser l’espérance de gain de l’humanité dans un monde incertain ? », nous commençons à avoir quelques éléments de réponse.
Nous pouvons :
- Adopter une posture convexe : ouvrons des options et faisons des paris asymétriques, plus nous serons pertinents à les choisir, plus l’espérance de gain en sera grande. C’est la posture naturelle de l’humanité.
- Limiter les postures concaves et les risques systémiques : afin de maximiser l’asymétrie entre les impacts des cygnes noirs positifs et négatifs, il est d’intérêt mondial de limiter notre fragilité pour nous rendre moins vulnérables face à l’incertitude et de limiter les impacts potentiels des cygnes noirs négatifs.
- Changer nos métriques d’optimisation : l’utilisation de la seule métrique financière ne suffit pas à déterminer et mesurer tous les impacts que pourrait avoir une décision politique. Le retour à des métriques d’économie physique peut nous permettre de redéfinir nos méthodes d’optimisation et les objectifs visés. L’utilisation de métrique comme la densité énergétique, la densité de population et la densité de production semble être plus concrète pour tenter de mesurer les impacts sur l’économie physique.
- Et de manière générale, exploiter l’incertitude au lieu de chercher à l’éradiquer en ayant une approche probabiliste : plus nous ferons de paris convexes, plus nous en retirerons de bénéfice sans avoir besoin de prédire l’avenir.
Cette approche nous permet, théoriquement, de ne pas dépendre d’une prédiction du futur précise et juste pour maximiser notre espérance de gain en tant qu’humanité.
Nous exploitons l’incertitude en modelant notre système pour le rendre plus résilient aux évènements cygnes noirs, ce qui, en période d’incertitude, pourrait nous amener potentiellement beaucoup plus de gains pondérés qu’en nous bornant à une méthode prédictive rigide basée sur les données d’un monde bien moins incertain que le nôtre.
Même si nous avons mis la focale dessus aujourd’hui, cette approche n’est pas limitée aux Etats, c’est aussi une posture que nous pouvons employer individuellement. Regardez par vous-même, nous sommes en train d’avoir une posture convexe sans même en avoir conscience :
Nous dépensons de manière sûre et certaine notre dimanche ici ensemble, en échange de la petite chance que nous avons de changer le monde.
Continuons le combat, et un jour ou l’autre, nous aurons droit à notre cygne noir positif, qui permettra peut-être de changer le monde.
Merci à tous.



















