Voir de haut et faire la paix
Déclaration de Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès.
Paris, le 2 mars 2026 – Après y avoir été préparés par le narratif anglo-américain, nous voici plongés dans la guerre. C’est un de ces moments de l’histoire où il faut monter au sommet de la montagne pour voir les choses de haut.
Les gouvernements Trump et Netanyahou ont trahi le droit des hommes, le droit international, les idéaux et la Constitution de leur pays. La « libération de l’Iran » du « régime des mollahs » n’est qu’un prétexte pour exprimer une volonté de puissance devenue criminelle. Il s’agit de deux pays disposant de l’arme nucléaire, les Etats-Unis et Israël, qui agressent un pays qui n’en dispose pas et s’est engagé à ne pas y parvenir, consentant de surcroît à stocker et transférer son uranium enrichi.
La réalité est que le gouvernement américain s’en prend, à travers l’Iran, qui en est membre, aux efforts des BRICS et de leurs associés de la majorité mondiale, visant à substituer à l’empire financier du dollar une nouvelle architecture de développement mutuel. Il retourne ainsi la situation : c’est l’Iran qui est accusé d’être l’agresseur alors qu’il se trouve sous les bombes !
Le comportement de mon pays, dans cette situation, fait honte. Honte par rapport à son passé, honte par rapport à son sens historique du domaine public, honte par rapport aux valeurs de la République, honte par rapport au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est ainsi que notre représentant aux Nations unies, Jérôme Bonnafont, visiblement en service commandé, a condamné « les frappes de l’Iran contre plusieurs pays de la région » en leur offrant « les moyens nécessaires à leur protection s’ils nous la demandent ». L’Iran n’aurait pas saisi la chance de conclure un accord en vue d’un encadrement de son programme nucléaire. Double mensonge. D’abord, sciemment, le gouvernement américain a formulé une proposition que les Iraniens ne pouvaient accepter. Par delà la question nucléaire, il demandait à l’Iran, comme l’affirme M. Bonnafont, de « cesser ses activités balistiques » et « le soutien de ses affidés régionaux ». C’est-à-dire de se condamner à une impuissance militaire totale face à des régimes attachés à sa perte.
Ne parlons pas du Conseil de la paix de Donald Trump et de Tony Blair, devenu Conseil de guerre. Ne parlons pas des indécentes larmes de crocodile versées sur les souffrances du peuple iranien.
Oublions et rejetons ceux qui, chez nous, contribuent à détruire l’esprit de cohésion nationale et qui, de tous bords dans le régime des partis où nous sombrons, se rendent complices d’une France ingouvernable, voulue ainsi par ses pires ennemis.
Battons-nous plutôt pour la paix et la cause de l’humanité. Le pape Léon XIV en donne l’exemple, de même que tous ceux qui se battent pour un ordre gagnant-gagnant. Retrouvons l’esprit du discours de Phnom Penh, prononcé le 1er septembre 1966. Il ne s’agit pas de revenir au passé, mais de faire preuve aujourd’hui de la même imagination créatrice que ceux qui, hier, ont su tracer le chemin de la paix.
Notre institution internationale, l’Institut Schiller, organise ce 2 mars, dans l’urgence, une Conférence internationale de patriotes et citoyens du monde. Pour une nouvelle architecture de paix et de développement mutuels, à l’opposé du dévoiement des soi-disant élites des principaux pays occidentaux, révélé publiquement par l’affaire Epstein.
C’est l’esprit du Traité de Westphalie de paix entre les nations que nous devons retrouver, le pardon des offenses et des crimes, l’avantage offert à l’autre (et non l’obsession d’un ennemi existentiel) et l’effacement des dettes illégitimes. C’est cet effort que nous vous demandons de soutenir, car c’est une question de vie ou de mort. Tout en disant fortement son fait à qui le mérite. Je suis optimiste car je crois aux ressources de la France.



