Source : Institut Schiller
Les États-Unis prévoient de déployer en Allemagne, à partir de 2026, des missiles à portée intermédiaire (tels que le SM-6, le Tomahawk et des armes hypersoniques comme le Dark Eagle). Ces systèmes seront mis en œuvre par le 56e commandement américain d’artillerie, réactivé en novembre 2021 à Wiesbaden.
Le SM-6 a une portée de 370 à 500 km, le missile de croisière Tomahawk est capable de pénétrer le territoire ennemi à basse altitude et de neutraliser les centres de commandement, les bunkers et les installations radar, quant au Dark Eagle, c’est une arme hypersonique d’une portée pouvant atteindre 2700 km, volant à une vitesse jusqu’à 17 fois supérieure à celle du son et manœuvrable à l’approche de sa cible.
Capables d’emporter des ogives nucléaires, ces systèmes peuvent être lancés depuis l’Allemagne contre des cibles stratégiques situées en profondeur en territoire russe, notamment des centres de commandement.
La décision d’installer ces systèmes en Allemagne est un véritable cadeau empoisonné imposé au chancelier Scholz le 10 juillet 2024, lors du sommet de l’OTAN à Washington, par le président Biden, puis maintenu par le président Trump. Cela risque, pour le moins, de torpiller la solution diplomatique à la guerre en Ukraine et pourrait, dans le pire des cas, déclencher un conflit en Europe.
En juillet 2024, le président Poutine avait averti que la Russie prendrait des mesures similaires et déploierait ses propres armes à portée intermédiaire. On entrerait ainsi dans une dynamique pire que celle du début des années 1980, lors de la crise des euromissiles à portée intermédiaire.
À cette époque, les euromissiles Pershing II et SS-20 étaient en alerte permanente et le délai d’alerte entre le lancement et l’atteinte de la cible était réduit à seulement 4 à 10 minutes. Des centaines de milliers de personnes étaient alors descendues dans la rue en Allemagne, conscientes du risque qu’avec des délais d’alerte aussi courts, une troisième guerre mondiale, nucléaire en l’occurrence, puisse anéantir l’humanité entière « par accident ».
Aujourd’hui, la situation est encore plus dangereuse du fait que les canaux de communication informels, activés lors de la crise des missiles de Cuba, se limitent désormais à quelques individus. En cas d’escalade, le déploiement de ces systèmes américains fera de l’Allemagne une cible de choix pour une première frappe, et l’Allemagne sera alors rayée de la carte.
Le déploiement de telles armes représente un danger d’autant plus grand que la « Coalition des volontaires » (Royaume-Uni, France et Allemagne), rejoignant la Commission européenne, mène une vaste campagne de militarisation, prétendant que la Russie prépare une agression militaire contre des États membres de l’OTAN.
Cette affirmation a été totalement contredite par la directrice du Renseignement national américain, Tulsi Gabbard, qui a déclaré que selon les services de renseignement américains, la Russie cherche à éviter une guerre de plus grande ampleur. Or, toute attaque russe déclencherait l’application de la clause de défense collective de l’OTAN, en vertu de l’article 5.
Gabbard a également déclaré sur X que pour les services de renseignement américains, les performances de la Russie sur le champ de bataille montrent qu’elle
Par conséquent, le déploiement de ces missiles américains ne ferait que compromettre les chances de succès des négociations entre l’administration Trump et le gouvernement russe en vue d’une normalisation de leurs relations.
Compte tenu de l’escalade rapide de la désintégration de l’ordre juridique international,
— où la loi du plus fort remplace le droit international,
— où un génocide dûment identifié par la Cour internationale de justice est commis sous les yeux du monde entier,
— où l’on se livre à des attaques de drones,
— où la censure menace la liberté d’expression,
— où les droits civils sont suspendus,
— et où un état d’anarchie généralisée menace,
ce déploiement pourrait être l’étincelle qui fera basculer le monde dans la guerre et le chaos.
En cette année 2026, l’Amérique célèbre le 250e anniversaire de sa Déclaration d’indépendance, qui scella sa victoire dans une lutte anticoloniale contre l’Empire britannique. La Déclaration d’indépendance et la Constitution des États-Unis constituent un tournant historique qui fit prévaloir le bien-être général du peuple américain et établit un gouvernement voué à cette mission.
Dans l’un des discours les plus célèbres jamais prononcés en Amérique, le secrétaire d’État John Quincy Adams déclara le 4 juillet 1821 :
Avec leur Révolution de 1776, les Etats-Unis ont établi non seulement le modèle d’une république souveraine, mais également, grâce au Système américain d’économie politique d’Alexander Hamilton, une science économique au service du bien commun, appliquée depuis dans tous les pays ayant mené à bien une révolution industrielle.
L’économiste allemand Friedrich List a souligné dans ses écrits la différence fondamentale entre « système américain » et « système britannique », ce dernier étant exclusivement fondé sur le profit des spéculateurs et de l’oligarchie financière. Depuis leur fondation, l’histoire des États-Unis a été marquée par les efforts de l’Empire britannique pour contrer et anéantir le succès de la Révolution américaine. Après la guerre de 1812 et la guerre de Sécession, durant lesquelles la Grande-Bretagne était alliée aux États esclavagistes du Sud, et qui démontrèrent l’inanité d’une telle intervention militaire, les milieux britanniques ont tenté à plusieurs reprises de convaincre les autorités américaines d’adopter le modèle de l’Empire britannique et d’instaurer un ordre mondial unipolaire fondé sur la relation privilégiée anglo-américaine.
La fière célébration du 250e anniversaire de la République des États-Unis devrait être l’occasion de raviver les idéaux nés de la Révolution américaine et de l’esprit de John Quincy Adams, afin de soutenir un partenariat entre républiques souveraines à travers le monde.
Nous, soussignés, citoyens allemands et d’autres nations, en appelons à la souveraineté des États-Unis d’Amérique, au peuple américain, ainsi qu’au président Trump et au Congrès américain, pour qu’ils annulent la décision extrêmement dangereuse de l’administration Biden et n’installent aucun nouveau dispositif militaire sur le sol allemand !
Ravivons l’amitié germano-américaine dans la tradition du baron von Steuben, de Friedrich List et de John Kennedy, qui s’applique à toutes les nations de cette planète :
Pour vous associer à cet appel, merci de contacter directement l’Institut Schiller.



