Erich Vad : l’Allemagne veut-elle déclencher la 3e guerre mondiale ?

vendredi 29 mai 2026


Compte tenu de l’attitude de certains hauts responsables allemands, on peut se demander si l’étincelle qui pourrait déclencher une Troisième Guerre mondiale nucléaire entre l’OTAN et la Russie (et la Chine) ne viendra pas de notre voisin outre-Rhin, plutôt que de la guerre contre l’Iran ou même l’Ukraine – aussi dangereuses que soient ces crises.

Qui veut voir des frappes russes sur le sol allemand ?

Lors d’une émission télévisée très regardée sur ZDF, la deuxième chaîne publique allemande, Erich Vad, un général de brigade à la retraite très respecté, qui fut conseiller en politique militaire de l’ancienne chancelière Angela Merkel de 2006 à 2013, a osé dire tout haut ce que beaucoup d’Allemands pensent tout bas : « Votre rhétorique nous pousse dans la guerre ! » a-t-il lancé à Roderich Kiesewetter, expert en sécurité de la CDU et faucon de guerre assumé.

Si la campagne antirusse menée en Allemagne par le gouvernement Merz se poursuit, si l’on insiste pour accélérer l’intégration de l’Ukraine dans l’UE, et si l’Allemagne et d’autres pays de l’OTAN continuent à produire et à guider les drones qui font des ravages en Russie, « vous aurez des frappes de missiles russes sur notre pays ! » a averti le général Vad.

« Les Russes ont établi que des entreprises allemandes sont également impliquées dans la production des drones [utilisés par l’Ukraine contre la Russie – ndlr], a-t-il indiqué. Ils ont déjà mentionné des noms. Munich, par exemple, est un point névralgique de l’industrie de l’armement, et les Russes ont déclaré que cela figurait désormais dans leur planification des cibles. »

L’expert militaire n’a pas mâché ses mots :

« Le jour viendra où ils [les Russes] mèneront des frappes de représailles contre l’Europe, contre l’Allemagne. D’abord de façon conventionnelle, et si nécessaire, à un niveau supérieur. La Russie est la première puissance nucléaire mondiale. Si nous faisons entrer l’Ukraine en Europe, nous ferons entrer la guerre contre la Russie en Europe ! »

A Kiesewetter qui affirmait que « l’Ukraine nous protège en ce moment » (autrement dit l’Ukraine se bat contre la Russie pour protéger l’Europe), Erich Vad a rétorqué :

« Monsieur Kiesewetter, vous feriez un excellent ministre ukrainien de la Défense. Je ne veux pas de guerre ici en Allemagne ! Nous sommes la zone de rassemblement de l’OTAN, le centre logistique de l’OTAN. S’il y a une guerre européenne, elle se déroulera dans notre pays. C’est là le grand danger ! »

Le général allemand a accusé Kiesewetter de faire la promotion des « frappes profondes » en territoire russe à un rythme accru, sans en mesurer les conséquences pour l’Allemagne :

« Vous aurez alors des frappes de missiles russes sur notre pays ! »

Cette confrontation a fait la une des médias allemands, partagés entre ceux qui soutiennent Erich Vad et les partisans de cet irresponsable va-t-en guerre de Kiesewetter, ce qui a au moins le mérite de déballer la question en place publique.

L’OTAN pointée du doigt suite à l’attaque contre un lycée professionnel

Les récents événements illustrent parfaitement le jeu dangereux auquel les va-t-en-guerre atlantistes se livrent en Ukraine, avec les frappes commises le 22 mai par les drones ukrainiens contre le lycée professionnel de Starobilsk, en République populaire de Lougansk, faisant 21 morts et des dizaines de blessés (au dernier décompte), parmi les adolescents qui dormaient dans leurs dortoirs.
Le gouvernement russe a rejeté entièrement la faute sur les nations de l’OTAN et de l’UE pour ce qu’il a qualifié d’attaque « barbare ». « Cela constitue une manifestation du néonazisme », a accusé le président Vladimir Poutine. « C’était une frappe ciblée contre des civils – tout droit sortie du manuel nazi allemand », rapporte un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant :

« Ces frappes utilisent des armes à longue portée fournies au régime de Kiev par des pays de l’OTAN, y compris des drones, et sont menées avec l’assistance technique d’experts étrangers issus d’États membres bien connus de l’OTAN. Nous disposons d’informations fiables selon lesquelles les capitales occidentales transmettent des renseignements aux forces armées ukrainiennes et les aident dans leur ciblage. »


Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré lors d’un rassemblement du parti Russie unie :

« L’Union européenne est désormais pratiquement indiscernable de l’OTAN et en est devenue essentiellement une réplique (…). Nous assistons également à des cas d’intervention militaire directe. »

Samedi, la présidente-fondatrice de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, a déclaré que l’idée que l’Allemagne entre en guerre contre la Russie était une folie totale. Elle a appelé le gouvernement Merz à cesser ses politiques provocatrices, affirmant que la Russie et l’Allemagne devraient plutôt revenir sur une voie de coopération économique mutuellement bénéfique. Elle a également appelé les forces pacifiques, les groupes politiques et les individus du monde entier à mettre en lumière ce danger et à ouvrir un débat international sérieux sur la crise et sur les alternatives politiques à la guerre et à la dépression économique.

Zepp-LaRouche a incité à diffuser le plus largement possible sa lettre ouverte « Appel à l’ONU : Une proposition pour la paix et le développement en Asie du Sud-Ouest » , conçue pour contribuer au débat politique sur la nécessité d’une nouvelle architecture internationale de sécurité et de développement, à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies le 26 mai.