Compte tenu de l’attitude de certains hauts responsables allemands, on peut se demander si l’étincelle qui pourrait déclencher une Troisième Guerre mondiale nucléaire entre l’OTAN et la Russie (et la Chine) ne viendra pas de notre voisin outre-Rhin, plutôt que de la guerre contre l’Iran ou même l’Ukraine – aussi dangereuses que soient ces crises.
Qui veut voir des frappes russes sur le sol allemand ?
Lors d’une émission télévisée très regardée sur ZDF, la deuxième chaîne publique allemande, Erich Vad, un général de brigade à la retraite très respecté, qui fut conseiller en politique militaire de l’ancienne chancelière Angela Merkel de 2006 à 2013, a osé dire tout haut ce que beaucoup d’Allemands pensent tout bas : « Votre rhétorique nous pousse dans la guerre ! » a-t-il lancé à Roderich Kiesewetter, expert en sécurité de la CDU et faucon de guerre assumé.
Si la campagne antirusse menée en Allemagne par le gouvernement Merz se poursuit, si l’on insiste pour accélérer l’intégration de l’Ukraine dans l’UE, et si l’Allemagne et d’autres pays de l’OTAN continuent à produire et à guider les drones qui font des ravages en Russie, « vous aurez des frappes de missiles russes sur notre pays ! » a averti le général Vad.
L’expert militaire n’a pas mâché ses mots :
A Kiesewetter qui affirmait que « l’Ukraine nous protège en ce moment » (autrement dit l’Ukraine se bat contre la Russie pour protéger l’Europe), Erich Vad a rétorqué :
Le général allemand a accusé Kiesewetter de faire la promotion des « frappes profondes » en territoire russe à un rythme accru, sans en mesurer les conséquences pour l’Allemagne :
Cette confrontation a fait la une des médias allemands, partagés entre ceux qui soutiennent Erich Vad et les partisans de cet irresponsable va-t-en guerre de Kiesewetter, ce qui a au moins le mérite de déballer la question en place publique.
L’OTAN pointée du doigt suite à l’attaque contre un lycée professionnel
Les récents événements illustrent parfaitement le jeu dangereux auquel les va-t-en-guerre atlantistes se livrent en Ukraine, avec les frappes commises le 22 mai par les drones ukrainiens contre le lycée professionnel de Starobilsk, en République populaire de Lougansk, faisant 21 morts et des dizaines de blessés (au dernier décompte), parmi les adolescents qui dormaient dans leurs dortoirs.
Le gouvernement russe a rejeté entièrement la faute sur les nations de l’OTAN et de l’UE pour ce qu’il a qualifié d’attaque « barbare ». « Cela constitue une manifestation du néonazisme », a accusé le président Vladimir Poutine. « C’était une frappe ciblée contre des civils – tout droit sortie du manuel nazi allemand », rapporte un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant :
Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré lors d’un rassemblement du parti Russie unie :
Samedi, la présidente-fondatrice de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, a déclaré que l’idée que l’Allemagne entre en guerre contre la Russie était une folie totale. Elle a appelé le gouvernement Merz à cesser ses politiques provocatrices, affirmant que la Russie et l’Allemagne devraient plutôt revenir sur une voie de coopération économique mutuellement bénéfique. Elle a également appelé les forces pacifiques, les groupes politiques et les individus du monde entier à mettre en lumière ce danger et à ouvrir un débat international sérieux sur la crise et sur les alternatives politiques à la guerre et à la dépression économique.
Zepp-LaRouche a incité à diffuser le plus largement possible sa lettre ouverte « Appel à l’ONU : Une proposition pour la paix et le développement en Asie du Sud-Ouest » , conçue pour contribuer au débat politique sur la nécessité d’une nouvelle architecture internationale de sécurité et de développement, à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies le 26 mai.





