Par Christine Bierre
Pour ne parler que de la France, le 14 mars, le Grand Continent reprenait à la une les déclarations chocs de David Sacks, mettant en garde contre un possible « ‘scénario catastrophique’ d’escalade ‘nucléaire’ de la guerre israélo-américaine contre l’Iran et appelant au retrait des Etats-Unis de cette guerre. »
Et David Sacks, le « Monsieur IA/cryptomonnaies » de l’administration Trump, de dénoncer « une faction interne à l’administration américaine qui pousserait à l’escalade ». Pour ce proche du vice-président JD Vance et de la mafia PayPal, au contraire, « c’est le bon moment pour crier victoire et se retirer ».
Pour y voir plus clair, écoutons les déclarations de Sacks lui-même, au cours de l’épisode du 13 mars du podcast All In, dont il est l’un des fondateurs . [1]
Pour le GC, ces déclarations, « qui permettent d’avoir la vision d’un insider, sont inhabituellement alarmistes pour un proche du président américain ».
Voici ce que Sacks dit dans ce podcast. Il se paie la faction des néo-conservateurs du Parti républicain, qu’il associe directement au Wall Street Journal, le journal de l’oligarchie financière américaine, accusé de vouloir élargir le conflit alors que ce qu’il devrait faire, c’est, au contraire, y mettre fin.
David Sacks (à partir de la minute 25) :
« Heureusement, je pense que le président en est conscient et qu’il a toujours privilégié les actions courtes, décisives et rapides, notamment les opérations militaires, comme le raid contre Maduro. Je pense que c’est là son inclination et sa préférence.
« Nous sommes pratiquement arrivés à un point où le président devra décider de la suite à donner, et il a d’ailleurs indiqué que nous avions atteint nos objectifs.
« Il est tout aussi important de ne pas laisser cette aile néoconservatrice du parti tenter d’élargir nos objectifs ou les buts de la guerre, car franchement, ils se sont toujours trompés sur tout. Ce sont des gens qui n’ont jamais voulu se retirer d’Irak ni d’Afghanistan. Nous serions encore là-bas après vingt ans s’ils avaient eu le choix. Je pense donc qu’il est tout simplement important de ne pas les écouter. Et il ne s’agit pas seulement d’un éditorial dans le Wall Street Journal. Le WSJ est en quelque sorte le sommet de l’iceberg représentant tout l’establishment néoconservateur. C’est le moment d’ignorer franchement ces voix et de laisser le président faire ce que nous lui demandons de faire et de mettre un terme à tout ça. »
Risque d’escalade nucléaire dans la guerre
Selon le Grand Continent, Sacks décrit « un scénario du pire » qui pourrait pousser Israël à vouloir utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran :
« Une escalade en représailles iraniennes sur ces infrastructures mènerait à une catastrophe sans précédent : ‘Si ce type de destruction se poursuit, on pourrait littéralement rendre le Golfe presque inhabitable.
« Au bout de la chaîne, Sacks envisage l’impensable : ‘Si cette guerre se poursuit pendant des semaines ou des mois, Israël pourrait tout simplement être détruit’ – et alors ‘vous devez vous inquiéter qu’Israël escalade la guerre en envisageant l’utilisation d’une arme nucléaire, ce qui serait véritablement catastrophique’. »
Autres conséquences désastreuses craintes par Sacks, la chute des cryptos et une « aversion globale au risque » provoquant des « pertes bien plus importantes contribuant à la dislocation du modèle Dubaï » ; la fin du modèle de financement de l’IA. Sur cette question très importante, on évoque le « plan de Sam Altman pour le financement de l’IA aux Emirats Arabes Unis qui avait lancé Stargate UAE à Abou Dhabi et qui devait faire passer le marché des centres des données de 3,29 milliards de dollars en 2026 à 7,7 milliards en 2031. »
Enfin, il y a aussi les attaques contre les centres de données (data centers) aux Emirats et à Bahreïn.
Pour le GC, « ces prises de position suggèrent ainsi qu’une fracture au sein de l’administration concernant la stratégie iranienne existe et qu’une tentative est faite pour envoyer un signal de modération à Téhéran par le biais d’un canal non officiel ».



